DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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sidérable, se substitue au propriétaire, il re-garde ce qu’il loue comme son bien , il a in-térêt de le conserver en bon état ; bien plus , ilfait des efforts et des sacrifices pour le bonifier,le rendre plus productif, parce qu’il est assuréde recueillir le fruit de ses avances , etc. Cesidées , adoptées de nos jours , ne l’étoient pasdu temps d ’Olivier de Serres . Il restreint, il estvrai, le conseil qu’il donne, à certaines naturesde biens , c’est-à-dire , à ceux qu’on peut com-modément tenir à sa main ; mais, les principessur les avantages des longs baux , sont appli-cables aux petites , comme aux grandes tenures.Il vaut mieux, pour la conservation et l’amélio-ration d’un fonds quelconque , que le proprié-taire soit lié par un engagement long , que d’a-voir la liberté de le reprendre de temps en temps.La perspective d’en être bientôt dépouillé de-vient , pour le fermier, un sujet de rallentisse-ment de zèle , et de découragement, qui nuit àsa culture et fait tort au propriétaire. ( T.)
r.ifn 58, (34) Nous croyons devoir ajouter à la fin de
^Ugnl'ls 11 ’ ce P rem ’ er Lieu, un choix de vieux adages etd’antiques proverbes , tous relatifs à la cam-pagne , et qui sont usités chez différentes na-tions.
Saint-Augustin a dit dans un de ses sermons :
Souvent le dicton populaireReniérme un avis salutaire.
Scepè lingua popularisEst doctrina salutaris.
Salomon attribue au Sage le soin de recher-cher le sens caché dans les proverbes : occultaproverbiorum exquiret sapiens. Cela est sur-toutapplicable à ceux qu’on va citer. Il n’en estpresqu’aucun qui ne donne à penser. Tel pro-verbe , en deux lignes, souvent même en deuxmots , vaut mieux qu’une longue morale.
Olivier de Serres a su s’approprier beaucoupde ces maximes usuelles , qui sont la science despeuples et l’ouvrage des siècles. Ces sentencesrimées , du moins pour la plupart, sont un desornemens de son excellent livre. On a donc crupouvoir y joindre des maximes du même genre ,ou qu’il a oubliées , ou qu’il n’a pas connues.
On auroit pu trouver de quoi faire un justevolume des seuls proverbes qui concernent l’é-
Théâtre d’Agriculture , Tome I.
conomie rurale . On s’est borné à ceux qui ontparu les plus piquans. Quelques-uns ne sontque naïfs, ou ne servent qu’à peindre les pré-jugés du temps ou du peuple qui les vit naître.Sous ce seul point de vue , ils ont dû êtreconservés.
Nous commencerons par les françois.
Notre langue est riche en proverbes , dans legenre de ceux qui ont rapport à la campagne.Nos bons aïeux mettaient, comme en dépôt,dans ces maximes , tout ce qu’ils avoient re-cueilli d’une longue tradition sur divers pointsd’agriculture , sur la météorologie , etc. On vaprésenter un extrait de plusieurs collections deproverbes françois. Il n’y en a pas un qui ne pûtdonner lieu à des notes très-curieuses ; maisnos lecteurs n’ont pas besoin que nous surchar-gions ces maximes d’un commentaire auquelils suppléeront sans peine.
$■ I.
Anciens Proverbes Françoisrelatifs à l’Agriculture.
r°. Extrait du Thrésor des Sentences publiéespar G. Meurier, en tSqq , et dont plusieursont été traduites en vers latins.
Avant que de te marier,
Aye maison pour habiter,
Et terre noire à cultiver.
Année neigeuse,
Année fructueuse.
.Anna de nieves,
Janvier et FévrierComblent ou vuident le grenier.
Février , le court, est le pire de tous. «
Au commencement ou à la fin ,
Mars a du poison et venin.
Mars, aride ;
Avril, humide ;
Mai, le gai, tenant de tous deux ,
Présagent l’an plantureux.
Ou autrement :
Avril pluvieux ,
Mai, gai et venteux,
Dénotent l’an fécond et gracieux.
L