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Tome I.
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PREMIER LIEU

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riles dans le moment on les fait ; mais qui,continués avec persévérance, peuvent enfin ser-vir à la perfection et au bonheur du genre hu-main. Cela est vrai , sur-tout des observationset des expériences que réclame la plus utilede toutes les sciences , cest-à-dire lagricul-ture. Cest quon a besoin dun zèle qui songeà lavenir. La devise des agronomes doit être levers de Virgile :

Inséré, Daphni, pyros ! carpent tua poma nepotes.

Un vieillard respectable , qui aimoit à planteret à greffer des arbres dont il ne devoit pas j ouir,me pria de lui faire quelques vers quil pût faireinscrire sur la porte de son verger. Je remplisson idée , en le faisant parler ainsi dans le sensdu vers de Virgile :

Jai planté ce verger. Ce nest pas que jespèreDe mes greffes voir les produits ;

Mais je songe quun jour, en bénissant leur père ,Mes enfans cueilleront mes fruits.

(F. D. N.)

CHAPITRE VIII.

(3i) Olivier de Serres semble préférer uneexploitation faite par un métayer ou cultivateurpartageant les produits avec le propriétaire , àcelle qui est conduite par un fermier qui payeson bail en argent ou en denrées. Cette manièrede voir provient sans doute de ce que ce culti-vateur avoit vécu la plus grande partie de sa viedans les provinces méridionales de France ,tous les biens fonds sont donnés à des métayers.Il pensoit aussi que cette espèce de location, enexigeant une plus grande surveillance de la partdu possesseur, le rapprochoit de son fond , etle mettoit à même de prendre une part plus ac-tive dans la culture. Mais si lon compare lesavantages et les inconvéniens de lune et de lautrede ces deux méthodes , on nhésitera pas à don-ner la préférence à celle du fermage. La ba-lance est, en effet, en faveur de celle-ci , soitquon la considère sous les rapports de lintérêtdu propriétaire , ou sous ceux du locataire , ouenfin sous le rapport des avantages qui en ré-sultent pour lagriculture en général. (A.)

(32) On voit par ce passage dOlivier deSerres , et par ce quil dit, en parlant des bêtes àlaine ( Lieu quatrième ), que non-seulement lesel étoit en usage fie son temps pour les ani-maux domestiques , mais encore quon sentoittellement limportance de leur en donner , quepar une des clauses du bail , le propriétaire, oule métayer , simposoit lobligation den fournir.Au surplus, quelquavantageux que soit lemploidu sel, il étoit néanmoins restreint aux pays oula gabelle nexerçoit pas son despotisme vexa-toire et ruineux , et devenoit impossible , sansde grandes dépenses , dans les autres ; aussiavoit-on cherché les moyens de lemployer avecle plus déconomie possible, en le mêlant avecdautres substances que lon croyoit propres àle remplacer , et qui ne servoient réellementquà masquer la pénurie lon étoit. Depuisla suppression de cet impôt exhorbitant, lusagedu sel est devenu plus fréquent dans les cam-pagnes ; mais il est loin encore dêtre aussigénéral quil seroit à desirer quil le fût. Nousaurons occasion de revenir sur ce sujet dans lecours de ces notes. ( H .)

(33) Si , pour suivre ce conseil , le proprié-taire dun domaine , après une exploitation pourson compte, par des hommes à ses gages, commecela a lieu dans plusieurs pays, ou après lexpira-tion dun bail fait à un fermier , le faisoit valoirpar lui-même quelque temps , pour le faire ex-ploiter de nouveau par des domestiques , oupour laffermer , le reprendre encore, et ainside suite alternativement , ce ne pourroit êtreque pour le rétablir , le remettre en bon état, eten tirer un meilleur parti, chaque fois que sesgens le cultiveroient, ou quil le loueroit à unfermier. Cette nécessité supposeroit, ou un dé-faut de surveillance de la part du maître, quandil fait exploiter pour son compte , ou des fer-miers négligens, peu industrieux, payans mal,etc. Mais ces soins seroient inutiles , il ny au-roitrienà craindre, aucuneprécaution à prendre,si, au lieu de naffermer que pourpen dannées ,le propriétaire faisoit des baux très-longs. Lesbaux à longs termes sont avantageux aux pro-priétaires, aux fermiers, et à lEtat. Celui quiprend un domaine pour un espace de temps con-sidérable ,

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