8o
PREMIER LIEU
Page 55 ,colonne II tligne 2 . 8 .
riles dans le moment où on les fait ; mais qui,continués avec persévérance, peuvent enfin ser-vir à la perfection et au bonheur du genre hu-main. Cela est vrai , sur-tout des observationset des expériences que réclame la plus utilede toutes les sciences , c’est-à-dire l’agricul-ture. C’est là qu’on a besoin d’un zèle qui songeà l’avenir. La devise des agronomes doit être levers de Virgile :
Inséré, Daphni, pyros ! carpent tua poma nepotes.
Un vieillard respectable , qui aimoit à planteret à greffer des arbres dont il ne devoit pas j ouir,me pria de lui faire quelques vers qu’il pût faireinscrire sur la porte de son verger. Je remplisson idée , en le faisant parler ainsi dans le sensdu vers de Virgile :
Jai planté ce verger. Ce n’est pas que j’espèreDe mes greffes voir les produits ;
Mais je songe qu’un jour, en bénissant leur père ,Mes enfans cueilleront mes fruits.
(F. D. N.)
CHAPITRE VIII.
(3i) Olivier de Serres semble préférer uneexploitation faite par un métayer ou cultivateurpartageant les produits avec le propriétaire , àcelle qui est conduite par un fermier qui payeson bail en argent ou en denrées. Cette manièrede voir provient sans doute de ce que ce culti-vateur avoit vécu la plus grande partie de sa viedans les provinces méridionales de France , oùtous les biens fonds sont donnés à des métayers.Il pensoit aussi que cette espèce de location, enexigeant une plus grande surveillance de la partdu possesseur, le rapprochoit de son fond , etle mettoit à même de prendre une part plus ac-tive dans la culture. Mais si l’on compare lesavantages et les inconvéniens de l’une et de l’autrede ces deux méthodes , on n’hésitera pas à don-ner la préférence à celle du fermage. La ba-lance est, en effet, en faveur de celle-ci , soitqu’on la considère sous les rapports de l’intérêtdu propriétaire , ou sous ceux du locataire , ouenfin sous le rapport des avantages qui en ré-sultent pour l’agriculture en général. (A.)
(32) On voit par ce passage d ’Olivier deSerres , et par ce qu’il dit, en parlant des bêtes àlaine ( Lieu quatrième ), que non-seulement lesel étoit en usage fie son temps pour les ani-maux domestiques , mais encore qu’on sentoittellement l’importance de leur en donner , quepar une des clauses du bail , le propriétaire, oule métayer , s’imposoit l’obligation d’en fournir.Au surplus, quelqu’avantageux que soit l’emploidu sel, il étoit néanmoins restreint aux pays oula gabelle n’exerçoit pas son despotisme vexa-toire et ruineux , et devenoit impossible , sansde grandes dépenses , dans les autres ; aussiavoit-on cherché les moyens de l’employer avecle plus d’économie possible, en le mêlant avecd’autres substances que l’on croyoit propres àle remplacer , et qui ne servoient réellementqu’à masquer la pénurie où l’on étoit. Depuisla suppression de cet impôt exhorbitant, l’usagedu sel est devenu plus fréquent dans les cam-pagnes ; mais il est loin encore d’être aussigénéral qu’il seroit à desirer qu’il le fût. Nousaurons occasion de revenir sur ce sujet dans lecours de ces notes. ( H .)
(33) Si , pour suivre ce conseil , le proprié-taire d’un domaine , après une exploitation pourson compte, par des hommes à ses gages, commecela a lieu dans plusieurs pays, ou après l’expira-tion d’un bail fait à un fermier , le faisoit valoirpar lui-même quelque temps , pour le faire ex-ploiter de nouveau par des domestiques , oupour l’affermer , le reprendre encore, et ainside suite alternativement , ce ne pourroit êtreque pour le rétablir , le remettre en bon état, eten tirer un meilleur parti, chaque fois que sesgens le cultiveroient, ou qu’il le loueroit à unfermier. Cette nécessité supposeroit, ou un dé-faut de surveillance de la part du maître, quandil fait exploiter pour son compte , ou des fer-miers négligens, peu industrieux, payans mal,etc. Mais ces soins seroient inutiles , il n’y au-roitrienà craindre, aucuneprécaution à prendre,si, au lieu de n’affermer que pourpen d’années ,le propriétaire faisoit des baux très-longs. Lesbaux à longs termes sont avantageux aux pro-priétaires, aux fermiers, et à l’Etat. Celui quiprend un domaine pour un espace de temps con-sidérable ,
Page 56colonne I,ligne 36 .
Page Sj ,Colonne II,ligne 16 .