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Tome I.
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PREMIER LIEU DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

arbrisseaux , des citronniers , des orangers, uneallée de saules , une grotte , une garenne , desîles semées de volières , des ponts de pierres etde bois , un étang , de vieux sapins , et une vueétendue sur le fleuve Kiang . Tel étoit le lieu dedélices où l’auteur du poëme s’amusoit de lacbasse , de la pêche , et de la botanique. Nousn’avions alors en Europe aucune espèce de jardincomparable à celui-là, ni aucun homme en étatde le décrire en beaux vers. Madame JDubo-cage a traduit en vers une idylle chinoise , in-titulée : le Laboureur , et qui date du mêmetemps que ce poëme des Jardins. La cérémonieimposante de l’ouverture des labours par l’Em-pereur lui-même , au commencement du prin-temps , est encore plus ancienne à la Chine .Elle fut rétablie cent cinquante ans avant l’èrechrétienne. Les soldats , à la Chine , labourent,sèment et moissonnent. Dans les tribunaux del’Empire , il y a des emplois de président, de

surintendant, et de directeur-général de l’agri-culture. Voltaire se demande ce que doiventfaire les Gouvernemens de l’Europe , en lisantces détails de la police de la Chine , relative-ment au premier des arts ? Et voici sa réponse :

Admirer et rougir, et sur-tout imiter.

Cette digression sur l’agriculture chinoise nedoitpas sembler déplacéeici. LaChineétoit troppeu connue dans le temps d ’Olivier de Serres ,pour qu’il pût en parler ; mais s’il avoit lu cesdétails , nous ne saurions douter que ce digneagronome n’eût applaudi, comme Voltaire , àla politique éclairée d’un peuple dont' le chefdonne tous les ans l’exemple solemnel de sonrespect pour la charrue , et d’un Gouvernementassez sage pour concevoir que le soin de l’agri-culture est l’objet du plus important et du pre-mier des ministères.

( F. D. N. )

F i jv t> v premier Lieu.