SECOND LIEU
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hommes avec besches et massues , pourcasser les mottes qui resteront du soc etlabourage : et pourveu que la terre soittempérée , par tel moyen se rendra-elleassés déliée, pour recevoir les semences,et tant plus subtile, que plus curieusementon y travaillera.
La herce Es journées des hommes employés à cest
■oulante. .il! '
ouvrage , court de la despence, a causede la longueur de l’œuvre ; pour espar-gner , un instrument est inventé de sibon service , que moyennant icelui, unseul homme avec une ou deux bestes, lepromenant par le champ, brise plus demottes, que ne f'eroient dix hommes à-
sa/açon, tout des massues et besches. C’est unegrande lierce-roulante, composée de deuxcylindres ou rouleaux, chacun de la gros-seur de l’ensuble de tisseran , et couvertde fortes chevilles de fer , lesquelles parle mouvement des rouleaux, montent surles mottes et les brisent entièrement. Lapesanteur de la herce sera mesurée parl’effect, de là procédant son service 5 à la-quelle l’on donnera tant de poids , qu’ilsuffise pour mettre les mottes en poudre.
Son usage , Le tirage en est aussi fort aisé avec peu detravail, une ou deux bestes le faisant,puis que c’est en roulant, comme char-retes, et non en rempant, comme la hercecommune (6). Ce delïricheinent ainsi faict,mettra la terre en tel poinct, qu’au com-
,v« effets mencement d’Octobre la pourrés ense-
droit. mencer de iroment, seigle, ou meteil : enfaisant toutes-fois vostre compte de n’enavoir grand profit la première année, surtout en blé hyvernal, pour la crudité dela terre , par ne pouvoir estre du tout bienassaisonnée en si peu de temps. Cela acausé à plusieurs de n’y mettre la premièreannée que de l’orge ou de l’ayoine : à ce
qu’ayant tout l’hyver encore à se séparer,puisse bien nourrir tels grains , et pourl’année d’après recevoir tous autres qu’onlui voudra commettre , et les suivantesaussi : gouvernant de là en hors vostre nou-velle terre, à la manière des autres bonslabourages (7).
Puis que labourer la terre n’est autre
A p par le Jeu.
chose que l’emmenuiser et résoudre, pourla rendre capable à recevoir, nourrir etmeurir les semences , il s’ensuit que pluslouable que nul autre est l’artifice , quemieux et plustost cause cela. C’est le cuireou brusler de la motte ou gazon qui em-porte l’honneur de ce mesnage par dessustous labourages, par le moyen duquel, laterre se prépare parfaictement-bien, si quedeschargée de toutes durtés , racines etherbes , se rend déliée comme cendre, eten suite , fructifiante en toutes sortes desemences. La terre ainsi renouvellée parle feu, d’elle-mesme ne produira aucunechose de plusieurs années (n’ayant poinctde semence dans ses entrailles) 5 mais biengaiementtoutcequelui commettiés, dontvos blés en sortiront entièrement nets, lasemence en estant belle. Les jardinages,les arbres fruictiers, les vignobles se dé-lectent en la terre préparée par cest arti-fice , mieux qu’en toute autre. Les prai-ries s’y font très-belles, voire plusf écondesqu’en quelconque autre lieu que ce soit.
En somme, ce mesnage, pour son excel-lence , peut estre dit la quint-essence de l’a-griculture et digne d’admiration : ayantpar icelui l’homme treuvé moyen de fairedans dix jours, ce en quoi le soleil em-ployé plusieurs années , préparant en sipeu de temps et si bien , la terre , et cepar le feu, qu’elle se rend souple et obéis-sante à tout produire. Ceste invention est
venue