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SECOND LIEU
pluies, ri’’y aura pièce qu’il ne convienneremuer jusques aune, pour tasclier de lesremettre en leur premier estât. Parquoiprévenant ces peines et inconvéniens, lemeilleur sera, que pressant le temps, neretarder nullement à leur donner le feuestans une lois prestes.
Les cuire Pour cuire ou br usler les mottes, on les
‘ emmoncelle en fourneaux ronds, qui es-J '“ L “ en tans parfaicts en dehors , ressemblent àpetits monceaux de loin sur le pré nou-vellement lauclié, ou à la moitié d’unglobe couppé par le milieu : et lesquelssont de telle mesure, qu’ils contiennentquatre ou cinq pieds de diamètre , autanten hauteur, peu plus ou moins. On lespose équidistamment de quatre à cinqpieds l’un de l’autre , et les arrange-onen ligne droicte des deux costés, commearbres plantés à la quinqu’once, pour es-galement despartir la terre bruslée parLeur façon, tout le champ. En formant les fourneauxgist la maistrise, à quoi défaillant, dé-faudra aussi la terre à prendre feu, en s’yestouffant, incontinent estre allumé, carc’est le vent enclos donné à propos quifaict prendre et arrester le feu. Comme sion vouloit construire une petite tour, demesme commence-on ces loumeaux : pourfondement, avec ces mottes sèches sansautre matière , l’on bastit une muraillecourbe, selon la circonférence du four-neau , faisant en dedans un vuidededeuxpieds de diamètre, ou environ : lamurailleest espesse de la largeur de la motte : à larenverse s’en - dessus - dessous l’herbecontre terre, employé - on les gazons oumottes, dont la muraille se compose per-pendiculairement et à plomb sans nullepente , de la hauteur d’un pied, peu d’a-vantage, y entrant quatre ou cinq mottes
l’une sur l’autre : une porte d’un piedd’ouverture est laissée dès terre en faisantla muraille, du costé d’où souffle le vent,quel qu’il soit, pour faire prendre feu :sans plus attendre, on met le bois requis,qui est autant qu’en peut contenir l’inté-rieur, dont il est rempli. C’est tout fagot- , i uel
' 0 bois , et com -
tage et menu bois, excepté une grossète ment r *m-pièce traversante pour le soustenir, qui r '“'comme poutre, estmise sur les murailles.
La porte en est aussi occupée avec de lapaille parmi, pour l’aisance de donner etfaire prendre feu au fourneau. Après, lebastiment se continue; non en muraille,ains en posant motte sur motte tous-joursà la renverse, par le dehors, suivant larondeur du fourneau et le parachevanten forme de voûte. Le bois en est toutcouvert, mais c’est tout doucement, sansle presser, de peur que s’affaissant, le feuen fust estouffé. Les mottes à telle occa-sion se supportent l’une l’autre , en lesfaisans avancer petit-à-petit, à la ma-nière des maçons, faisans des saillies pourporter des avancemens , de telle sorte quesans presser le bois, tout s’en treuve cou-vert comme d’une voûte. Ce faict sansattendre que le fourneau soit achevé, lefeu y est mis par la porte, et icelle incon-tinentbouchéeavecdes mottes, et en suitediligemment met-on les autres mottespour la perfection cle l’œuvre. On les jettetous - jours sur les lieux d’où la fuméesort, taschant, en fermant ses issues, decontraindre le feu à se resserrer dans lecentre du fourneau : autrement laissantà la fumée quelque libre passage, le feus’évaporant par là, rendroit inutile l’ou-vrage; comme semblable chose se void pra-tiquée ès charbonnières. Ainsi vos four-neaux à mesure qu’ils brusleront, s’en-