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Tome I.
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SECOND LIEU

Seigle .

terre donnant la vie : comme si de ceseul grain, les premiers hommes faisoientdu pain pour vivre : bien que ce titre ,représenté à la lettre signifie, terre por-tant espeautre. Encores en certains en-droits dItalie et dAllemagne et par toutela Suisse elle est en réputation. Il y en ade diverses espèces , anciennement aussinommées , arynca, typha , et autre-ment. Deux principales en recognoissons-nous aujour-dhui, dont lune est plus pri-sée, et beaucoup plus grosse que lautre :aucune nest pourtant délicate, soulFransles deux estre mises en terre légère et ar-gilleuse, et en laquelle le froment et leseigle ne peuvent profiter. Qui est la causeque les mesnagers se servent de les-peautre , pour employer leurs pauvresterres , tel grain profite assés bien ,moyennant quon le sème de bonne heure :estant le blé le plus hastif à semer, et leplus tardif à moissonner ; demeurant enterre plus que nul autre. Sa paille nestguières bonne nourriture pour le bestail,dure et de petite substance. Lespeautrea cela de commun avec le froment que dedégénérer en autre espèce : mais cest enavoine en laquelle se change à la longue ,quand la semence mal qualifiée de tropde vieillesse ou autre vice , se treuve jet-tée en terre aquatique, maigre, et mallabourée (4°)-

Touchant le seigle, appellée en latin,secale, ou farrago ; elle est remarquéede deux espèces, dont lune est de lhyver,et lautre du printemps : ceste-ci par au-cun estant appelée , tremèze. Tous les-quels fromens et seigles, veulent estre se-més devant lhyver, exceptés ces deuxremarqués du printemps. Mais cest sousceste particulière observation , comme a

esté touché, que de loger les fromens enterre plus argilleuse que sablonneuse, plushumide que sèche , et sous aer plus chaudque froid : au contraire , les seigles encelle qui tient plus du sable, que de lar-gille , du sec que de lhumide, et en aerplus froid que chaud. Pour donques con-venablement semer les fromens, est re-quis attendre la venue des jduies, et icellesestre passées , pour adoucir et humecterla terre : à quoi nest besoin viser pour lerespect des seigles ; cest suivant lanciencommandement,

Les fromens semeras en la terre boueuse ,

Les seigles logeras en la terre poudreuse.

Le méteil est une composition de fro-ment et de seigle, ainsi appellée en France ,soit ou à cause de ce que les métayers enfont leur pain de mesnage , ou soit pourestre ce mot dérivé du latin metellum.En plusieurs lieux du Languedoc et de laProvence est nommé, mescle et cousse-gail. On sème le méteil quand et en mesmelieu que les fromens et seigles : abondantplus en lune de ces deux espèces de blé ,que plus particulièrement le fond sy ap-proprie (4 1 ).

Des orges, il y en a et de lautomneet du printemps. Ceux de lautomne sesèment en terre grasse, bien fumée etbien labourée. Ce sont ceux quon appellechevalins , pour estre leur herbe, très-bonne pour purger et engraisser les che-vaux à la primevère. Ils sont de grand se-cours aux pauvres gens, quand les pre-miers meurs , on les moissonne en ar-rière-saison de lannée, bien que de gros-sière nourriture. Et comme ce blé est has-tif et au semer et au moissonner , aussilest-il au manger, ne se pouvant longue-ment conserver: pour laquelle cause, lon

nen

Blè-méteiî.

Orges.