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SECOND LIEU
mil et panil. L’espi du mil ressemble à unpennache branchu , celui du panil, à laqueue de renard, estans au reste de sem-blable couleur, et de grain et de paille quiest jaune. De ces deux sortes de millet yen a de diverses hauteurs , attaignans lestiges d’aucuns, jusques à celle d’un grandhomme. En ceste qualité surpassant lesmil et panil une autre espèce de millet ;car son tige monte de dix à douze pieds ,estant au reste son grain semblable auxsusdits. Il rend admirablement, mis enbonne terre, un peu humide et arrousée.Son tige a le bois ferme comme rozeaux,ainsi noué, mais rempli demouelle : poursa fermeté et légèreté l’on s’en sert à fairedes canisses ou tables à nourrir des vers-à-soie, et à sécher des fruicts , à quoi seMillet-sar- treuve fort propre. Le millet-sarrazin enest une autre espèce, toutes-fois très-dif-férente des précédentes en toutes ses par-ties, c’est celui qu’en France l’on appellebucail. Il a la paille rouge, bas enjambé,le tige branchu , le grain noir , faict àangles , la farine en dedans fort blanche.Son principal service est d’estre mesléavec l’autre blé du mesnage pour le paindu commun. Séparé aussi n’est pas à re-jetter. Est propre à engraisser les pour-ceaux , leur en donnant en farine avecleur boire. La volaille, pigeons et poules,refusent de le manger à cause de sa cou-leur noire, mais l’ayans gousté , s’enpaissent très-bien. Il profite en toute terre,raesme en maigre, ou communément aussion le loge , laquelle il emméliore (43).rf G ™ r g 7/“ Quant au gros grain de Turquie , sagrosseur, sa couleur et la figure de sonespi rendent incertain en quel rang de bléson le doit coucher , n’ayant autre chose decommun avec les autres millets, que le
nom et la saison de les semer. Pline l’ap-pelle millet d’Inde : en Italie est diver-sement nommé , selon les lieux, sçavoir,melega , melyca , saggyna , sorgo. Sontuyau ou chalumeau , est gros comme unpetit rozeau ou canne, non guières eslevésur terre : ses grains en figure et gran-deur , ressemblons à petits pois. Il y ena de diverses couleurs, de blancs, derouges, de jaunes, de tannés et autres,l’espi enfermant les grains couvert d’unegrosse gousse , toute semblable à celle del’herbe que les apoticaires appellent Iar-rus. Il rend beaucoup de farine, veutestre semé rarement, un grain loin del’autre : et pourveu qu’il soit en bonneterre, fructifie abondamment (44)- Enbonne terre aussi bien cultivée et bien f u-mée, désirent estre les millets communs.
C’est pourquoi plusieurs les font sur lesterres de nouvelis ou de guerest vieux,qu’on prépare pour les fromens ou seigles,pour les y semer après avoir moissonnéles millets. Mais d’autres, avec plus d’a-vantage pour le fonds, les sèment aprèsavoir enlevé les fromens et seigles, commesera monstré ci-après.
Plusieurs sortes d’avoines avons-nous, ■*<■■<»»«en figure peu différentes par-entre-elles.
C’est seulement de couleur, de grandeuret de poids, qu’elles varient selon les lieuxoù elles croissent , et temps de leurs se-mences. Les meilleures sont les plusnoires, les plus grosses, les plus pesantes,esquelles qualités plus abondent, queplusle terroir leur agrée, plus tost elles sontmises en terre, et en temps le plus ap-prochant de la pleneur de la lune, en sadescente. Comme au contraire , demeu-reront blanches, petites, et légères, si onles sème en terre leur des-agréant, tard,