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Tome I.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

plus tardifs sont les ciclies j et les lupinspour engraissement. Touchant les mil-lets , aucune espèce ny a-il qui vueilleestre semée avant que lhyver se soit bienescoulé , le printemps mesme leur estantfort suspect, pour les froidures qui sou-vent laccompagnent bien avant, dau-tant quen leur naissance et au cours deleur vie , spécialement les communs , lesmillets baissent les froidures ; et sur lafin , au contraire, aiment les ffescheurs :sans lesquelles, et les rozées de la nuictdu mois de Septembre, ils ne pourroientfaire bonne fin. Pour ceste raison , onsème les millets-communs à la fin dA-vril, ou par tout le mois de Mai, sur lesterres de guerest-vieux ou de relais ,comme a esté dict : non toutes-fois sanspréjudice des bons blés qui y sont seméspar-après, selon quil seramonstré. Au-cuns , et plus à louer , retardent encoresdavantage , en mettant ces millets-ci enterre, vers le commencement de Juillet,sur lesteule des fromens ou seigles-centement couppés , ou par le bénéficede la pluie, avec un seul labour , lefourrent en terre , souventes-fois , avecheureux succès. Mais cela ne saccordegénéralement par-tout : cest seulementès lieux favorisés de la fécondité du fondset bénéfice du climat que cela advient,sans quoi ce seroit peine perdue que deles semer en saison si tardive. Par cemoyen les terres ne sont nullement in-commodées , dautant quaprès la cueil-lète des millets , elles se reposent un an ;durant lequel on les laboure et préparepour servir comme dessus. Aussi tient-ondexpérience , que ces millets en lense-mencement se plaisent de lhumidité :cest pourquoi, espie-on pour les semer

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la prochaine pluie, laquelle chéant incon-tinent dessus, les faicttostlever etcroistre.Déf aillant ou retardant la pluie, on sèmeces millets sur le soir, sans les couvrirjusques au lendemain : afin que la rozéede la nuict les humecte ; et le matin re-venu , après les avoir couverts ou avec laherce ou avec le soc, on y passe par des-sus une claie pesante, pour affermir laterre : croyans aucuns , que la terre ainsitapie , voire endurcie , est plus proprepour les millets, que celle qui est exqui-sement eslevée en sa superficie : pourveuquau-paravant elle ait esté bien labou-rée , pour commodément recevoir les mil-lets en son intérieur.

Nous ajousterons aux transailles , le R ,riz , en latin oriza; afin quen le domes-tiquant chés nous , en puissions estre ac-commodés. Chose désirable , estant ice-lui la sorte de blé qui rapporte beaucoup,voire plus que nul autre , des plus exquisà manger en potages et bon à faire dupain, ineslé avec dautres grains. Etbienquen ce royaume son usage soit plus fr é-quent , que sa culture , si nen devons-nous pourtant refuser lessai, à lexempledes Piedmontois ; lesquels ayans tiré desIndes (d encores aujour-dhui on enapporte abondamment en Flandres, enAngleterre , et en France ) la semenceet le gouvernement du riz , en sont sibien pourveus , quoutre leur usage, ilsen fournissent plusieurs provinces de ceroyaume. Les Anciens nont logé le rizentre les mars, dautant quils ne lontcogneu. Pline seul en parle , assés con-fusément. En Piedmont larpent de terreemployée en riz, par communes annéesen rapporte de vingt à trente charges ,chose, pour sa merveille , méritant faire

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