DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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en remettant à cest effect tous les jours denouvelle, au lieu de celle que la terre con-sume. Ce blé sera couppé estant meur ,
Quand • 11- i» A
moissonner qui sera dans le mois d Aoust, en ayantquelques jours auparavant osté l’eau pourla dernière fois, afin de le faire du toutsécher. Le moyen de moissonner le rizet de le recueillir, estans communs avec larécolte générale des grains , fera n’enparler ici plus avant, vous renvoyant auserrement de vos autres blés, pour à leurfaçon retirer cestui ci dans vos greniers.
n engrmu Pour fin de ce mesnage , je dirai la
ta terre ouii ver iu du riz estre d’engraisser la terre ,laquelle en ayant porté deux ou trois ansde suite , se rend par après propre à pro-duire toutes sortes de blés hyvernaux etprintaniers , tant le fonds par ce traicte-ment se treuve bien disposé, commeayant prins nouvelle vigueur. Telle fer-tilité lui avient principalement du béné-fice de l’eau , dont le naturel est d’amen-der le lieu de son séjour : tant par cer-taine vertu engraissante qui la suit, quepar les bestioles , racines et herbes nui-sibles qu’à la longue elle estouffe : des-quelles nuisances se treuvant deschargéle fonds au bout de cinq mois, que con-tinuellement l’eau y a crouppi, demeurevigoureux pour tout service d’agriculture.Mesnage du tout notable, approchant ce-lui des estangs desséchés, duquel le pru-dent père-de-famille fera son profit. L’eaudormante si longuement en tels endroits ,mesme en la saison de l’esté, cause quel-que mauvais et des-agréable aer, prove-nant non-seulement de sa qualité ; maisaussi de celle du riz, qui est cause que plu-sieurs condamnans tel blé , n’en veulentpoint eslever. Mais à cela le remède serade faire les riz si loin de la maison, qu’ils
ne puissent incommoder les habitans parleur voisinage.
En la conclusion de ce discours généraldes semences, sera mise ceste curiosité , ';Z°‘ r " la
7 7 semence aura
prinse de Constantin César , pour cog- bi ' n
* ^ 1 o malesparse.
noistre si la semence est esparse en terreavec juste proportion. Il ordonne impri-mer sur la terre semée et non encorescouverte, la main , tenant les doigts ou-verts, et après l’avoir levée, comjiter lesgrains qui se treuveront dans sa figure ins-culpée au terrain : tenant pour bien seméle froment, s’il s’y en treuve, du moinscinq grains, ou au plus , sept : l’orge, yen ayant de sept à neuf : et les fèves , dequatre à six ; estimant néantmoins le plusdésirable , le moyen d’entre ces deuxnombres selon les espèces des blés. L’es-sai monstrera la faculté de ceste espreuve,qu’avec peu de peine l’on pourra pra-tiquer.
Toutes sortes de blés travaillent la Quels blés
. \ il • î»i travaillent le
terre, a cause de leur nourriture qu ils pluila terre<en tirent : mais beaucoup plus ou moins “ , qi “ u leles uns que les autres , pour leurs diversnaturels; y en ayant mesme de si ma-lings , qu’ils en attirent la graisse pourplusieurs années ; comme au contraire ,de si débonnaires , qu’ils l’engraissentsans moyen. Ceux-là sont les orges, pois-ciches , et millets : et ceux-ci, les fèves,pois-communs, lupins, et riz, demeuransles autres indifférens. L’importunité desorges s’addoucit aucunement par le fu-mier qu’on leur donne en l’ensemence-ment, dont la graisse restante aide auxfromens qu’onyfaict ensuite. Touchant
1 . i , . Naturel des
les ciches , s ils ne viennent gaiement en pois-niches ,vostre lieu, ne vous travaillés d’en semeren abondance , pour le peu de profitqu’ils rendent en terre qui ne leur agrée,