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Tome I.
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SECOND LIEU

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laquelle , pour fertile quelle soit, en estfort travaillée. Parquoi sera ce légume-ci , logé en gras fonds , ou plustost enterre défrichée de nouveau, ès crestes desfossés freschement creusés, ou en sem-blables endroits , dont la fécondité luifournisse suffisante nourriture.

Et des mil- Quant aux millets - communs , cestchose confessée de tous, quils incommo-dent beaucoup les terres on les loge,comment quon les manie. Car soit quonles face ès guerests destinés et préparéspour les blés dhyver, soit sur les esteulesdes fromens et seigles couppés, cest tous-jours au détriment du fonds : pour la gran-deur de leurs racines sattirans grandenourriture, aussi pour leur maüce con-traire aux bonnes semences venans ensuite : et ce qui augmente le mal, est, quetoutes sortes de mauvaises herbes savoi-sinent volontairement du millet. Qui estla cause que moindre intérest reçoit lefonds , que plus touffu y croist le millet:parce que naissant sans perte , la terresen treuve toute couverte, d les mes-chantes herbes ny pouvans avoir place ,sont bannies. Au contraire se fourrentparmi le millet rarement nai. De tout le-quel meslange, le fonds est encores plusensalli, que par le seul millet, quoi-quede maligne nature, comme a esté dict :attendu la peine plus grande de desgagerle fonds de cest embarras, que sil nes-toit question que dune seule sorte dher-bage. Si le ciel et la terre souffrent defaire les millets sur les esteules des blésfreschement couppés, eslisés ceste seulefaçon de les loger : car le repos dun anaprès les avoir moissonnés, avec fréquenteet bonne culture, deschargent aucunementles terres du venin provenant du millet.

Médecine quon ne peut espérer quaubout de plusieurs années, moyennantaussi labourage exquis, en fonds, auquelaprès le millet on seme des bons blésdhyver , qui vient au grand préjudicedu père-de-famille. dessus dit le pro-verbe de Languedoc ,

Qui mange lou meillas

Mange lou segealas \

voulant dire ; que, qui pour lespargne sesert du millet, ne se prend garde quil em-ployé le seigle pour sa nourriture. Ainsiavisera prudemment le mesnager à netroubler son labourage par ceste semence;ains par estre le millet nécessaire à la mai-son, comme a esté représenté , lui don- ou faire l.nera quartier a part, destinant pour lui,quelque recoin de terre grasse, dont il ferasa perpétuelle milleraie : et par ce moyen,sansdeschet de ses bons blés, il aura tous-jours abondance de millets, quil gouver-nera au semer, sarcler, et moissonner,sans contrainte ne sujection selon leur na-turel , à son utilité. Mais si par nécessitélon faict le millet ès guerests des terresde nouvelis, faut quaprès lavoir mois-sonné , sur son esteule lon sème le fro-

7 Et corn-

ment et seigle, avec une seule œuvre au ment en pré-soc, sans autre précédent labourage : à cequon ne mesle avec la terre , les pailleset racines du millet, comme lon feroit sion réitéroit le labour ; dautant que lepremier met à laer les racines du millet,et le second les réenterre. Chose autant àcraindre en cest endroit, comme à souhai-ter estre curieusement sorties du champtelles racines, afin que leur amertumenoffense les bonnes semences. Pour touteslesquelles incommodités , mesme pourla contrainte du semer-tard les fromenset seigles , saccommodant à la maturité