DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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quel’état d’ameublissement et de netteté qui sontaussi des qualités accidentelles très-variables. Lesfaçons que l’on peut donner aux grains pendantle cours de leur végétation , sont encore un ob-jet important à considérer ; ainsi, de deux ter-reins de même qualité , dont l’un sera en mau-vais état de culture , et où le grain doit êtreabandonné à lui-même , et dont l’autre sera enbon état, et où le grain recevra différens binages:le premier exigera généralement plus de semencepour étouffer les mauvaises herbes , et il en fau-dra moins dans l’autre , où chaque grain , indé-pendamment d’une végétation plus active et plusvigoureuse , sera encore débarrassé des herbespar les sarclages. La pratique du plantage et dela charrue-semoir, qui exigent une terre bien pré-parée et des binages répétés , et qui économisentbeaucoup la semence, en est une preuve con-vaincante; mais cette pratique ne peut être d’unusage général. ( Y .)
( 3 7) La nomenclature du genre froment esttrès-incertaine. Les secours de la botanique ,pour cet objet, sont insuffisans. La plupart desbotanistes ont regardé , par exemple , commedes espèces différentes , le triticum hybemum ,blé d’hiver ou d’automne, et le triticum cvsti-vum , blé de printemps ou de Mars. Ils se sontuniquement fondés sur les différentes époquesde leurs semis (cause unique des différencesqu’on apperçoit entre ces plantes). Cependant,il est prouvé qu’on peut cultiver les blés de prin-temps comme blés d’hiver : et ramener ceux-ci àdevenir des blés de printemps.
Les caractères de blés barbus, ou de blés raz ,pour former des espèces , ne sont pas plus fon-dés , puisqu’il est prouvé que ces mêmes fro-mens ont des barbes, ou en sont privés, suivantles lieux de leurs cultures , ou les circonstancesqui peuvent influer sur leur végétation. Il estvrai cependant que certains fromens éprouventbeaucoup plus difficilement ces variations dansleurs barbes.
D’un autre côté, les botanistes modernes vou-lant éviter de prendre des variétés pour des es-pèces , ainsi que les anciens botanistes l’avoientfait , ont négligé de véritables espèces. Onpourroit citer pour exemple de ce fait, le siligo
des Anciens, blé blanc, omis généralement de-puis Tournefort.
Si la botanique est ici un guide peu sûr , l’é-conomie rurale n’en est pas un plus fidèle. Laconcordance des espèces et des variétés est pres-que devenue impossible , parce que les nomsvulgaires se sont accrus à l’infini (cela devoitêtre pour l’objet du premier soin de tous les cul-tivateurs) ; parce que les variétés se sont extrê-mement multipliés par la culture ; parce que l’é-rudition des commentateurs a encore embrouilléce que l’antiquité nous a laissé sur cet objet. Onsait que rien n’est plus difficile que de recon-noitre les plantes dont les Anciens ont parlé ; lascience de la botanique n’existant point poureux, les mots qu’ils ont employés n’ont aucunsens précis , et ils ont négligé la description desparties des plantes qui seules pouvoient les fairereconnoltre.
Vouloir vaincre ici ces difficultés , seroit s’é-carter du plan de l’ouvrage. Un volume ne suf-firoit pas pour discuter toutes les opinions surla nomenclature ancienne et moderne des blés.Le travail sur le mot far, seroit lui seul assezconsidérable. On se bornera donc , d’après cequi est le plus généralement adopté , à présen-ter la nomenclature des fromens , en tâchant derapporter , sous chaque espèce ou variété , lemot employé par Olivier de Serres . On n’insé-rera, dans cette nomenclature, que ce quiparoîtle plus indispensable pour atteindre ce but.
Les noms d 'Olivier de Serres qu’on n’a purapporter à aucune espèce , sont : 1 ’aufegue oula seissette , et le bouchard. Ces noms locauxdésignent, sans doute , des variétés de couleursqui appartiennent à des blés d’hiver.
Froment d’automne ,
T. hybemum aristis carens. C. Bauhin ,Pinaæ.
Froment sans barbes , ou raz.
Touzelle. Magnol, Flot/Italiens . .
lPiémontoisTozelle des< T j •
\ Languedociens
(Provençaux .
Observations. Plusieurs auteurs pensent que