DU THEATRE D’AGRICULTURE.
soient pas , lorsqu’ils n’ensemençoient que dufroment ou du millet. Il remplace avantageuse-ment l’avoine , engraisse promptement les co-chons , et est recherché par les oiseaux domes-tiques ; il n’y a rien, en un mot, que les ani-maux de toute espèce aiment autant et quileur profite davantage. C’est donc un des plusutiles présens que le Nouveau Monde ait faitsà l’ancien. A la vérité, comme cette plante estextrêmement sensible au froid , qu’elle exigeenviron quatre mois de chaleur pour complétersa végétation et sa dessication, elle ne sauroitconvenir aux Départemens situés au nord ; maisl’expérience démontre qu’elle prospère dansles parties tempérées de la France , pourvu queles semailles se fassent à propos, dans une terremeuble et fumée ; que la distance entre chaquepied soit régulièrement observée, et que le sar-clage et le buttage ne soient pas oubliés.
Le mays blanc et le mays jaune sont les prin-cipales variétés cultivées parmi nous. La pre-mière est de quinze jours plus hâtive; elle pro-duit davantage et se plaît dans les terres fortes.On la préféré dans les départemens des Landes ,des Hautes et Basses-Pyrenées. Le mays jaune ,au contraire , exige un sol moins gras ; et saculture est plus généralement adoptée dans lesdépartemens de la Gironde , du Rhône , de Saône et Loire , de la Côte-d’Or et du Doubs . Il y aencore du mays précoce, connu en Italie sous lenom de quarantain , par la raison que cette es-pèce croît et mûrit dans le cercle de quarantejours. On le nomme , en Amérique , petit mays;il est moins productif ; il est à l’autre , ce queles blés de Mars sont à ceux d’hiver ; mais illui faut, dans nos climats , trois mois pour par-courir le cercle de sa végétation ; et vu la peti-tesse des épis, il vaut mieux cultiver le grandmays. On prépare du pain de sa farine ; maisc’est sous la forme de bouillie ou de polenta quele mays offre le plus d’avantages. Presquetoute l’Amérique septentrionale , une partie del’Asie et de l’Afrique , plusieurs contrées del’Europe trouvent dans ce grain une nourri-ture substantielle pour les hommes et pour lesanimaux.
Les détails concernant la culture du mays, ettous les emplois qu’il est possible d’en faire dans
l’économie domestique, sont consignés dans unMémoire couronné par l’Académie de Bordeaux,sur cette question : Quel seroit le meilleurprocédé pour conserver le plus long-temps pos-sible , ou en grain, ou en farine, le mays oublé de Turquie ? ( P .)
(45) Il en est de l’avoine comme de beaucoupd’autres choses ; il en est de bonnes de toutes lescouleurs ; et quoique la noire soit souvent pré-férée , il est des contrées , et notamment dansles Départemens septentrionaux , où la blancheest presque toujours exclusivement cultivée. Laqualité essentielle n’est donc pas la couleur ,mais le poids, qui est l’indice le plus sûr de lasupériorité d’une variété sur l’autre, touteschoses égales d’ailleurs.
J’ai déjà eu occasion de relever l’erreurqu’ Olivier de Serres partageoit quelquefoisavec son siècle, sur l’influence prétendue desphases de la lune sur les semailles.
L’observation qu’il fait de la stérilité de l’a-voine échauffée , n’est pas particulière à cetteplante, qui, comme toutes les autres , ne peutgermer lorsqu’un degré de fermentation con-sidérable a détruit le principe de végétation endésorganisant le germe. ( Y.)
(46) Ce qu 1 Olivier de Serres appelle ici hercerampante , n’est autre chose que le rouleaugarni de dents , dont il a parlé plus haut , etdont j’ai fait mention note (6). ( Y.)
(47) C’est de la herse roulante ou rouleau àdents dont il est ici question , et dont je viensde parler dans la note précédente. QYi)
Rozier a fait, dans le Cours d’Agriculture,article Froment, une observation critique queje crois devoir rapporter sur ce qu’ Olivier de Serres dit, en cet endroit, du labourage parsillons rehaussés , pratiqué dans la Beauce etailleurs, a Olivier de Serres se trompe ici : toutela terre est travaillée. On commence par labourer,en prenant les nouveaux sillons dans le senscontraire de celui des anciens billons; ce qui metle terrein de niveau. On croise et on recroise en-suite , de manière que la superficie du sol estplate. Ce sont les derniers travaux qui formentle billon , ainsi qu’il l’explique dans cet article,et on a l’attention d’établir le billon sur la partie
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