Page 163colonne IIUgne 17.
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 181
qu’il appelle hanneton ou cousson , doit être lemême insecte que celui qui est connu dans lesparties méridionales de la France , sous le nomde cadelle ( Olivier, Encyclopédie méthodique,Histoire naturelle des Insectes, article cadelle').C’est la larve du trogossita mauritanica ( Oli-vier , Entomologie ') ; tenehrio mauritanicus deLinné . Le bequerus est très-probablement aussile charanson , curculio frumentarius. L. Pourconnoître les différens moyens de se garantir deleurs dégâts , il faut consulter cet article dans leCours d’Agriculture de Rozier, où l’on trouvel’indicationdes différens moyens employés pourles détruire. (Ri et H.)
( 55 ) On découvrit, en 1707, dans la citadellede Metz une grande quantité de blé , placé eni 528 , dans un souterrain , où il s’étoit si bienconservé , que le pain qu’on en fit, deux sièclesaprès son enfouissement, fut trouvé très-bon.Il existe encore aujourd’hui à Ardres , dépar-tement du Pas-de-Calais , un de ces souterrainspratiqué par les Romains.
On pourroit citer une foule d’exemples degrains très-bien conservés dans de semblablesfosses souterraines , qui doivent toujours êtreétablies dans des endroits très-secs, avec laprécaution d’intercepter tout accès à l’air exté-rieur , en couvrant le tas de grain d’une couchede chaux en poudre légèrement humectée. Sil’on veut avoir des détails plus étendus surcette manière de conserveries grains, ainsi quesur les étuves employées avec succès au mêmeobjet, de nos jours , il faut consulter l’articlefroment dans le Cours d’Agriculture de Rozier,où l’on trouve les méthodes de Duhamel, deParmentier ex de Bucquet. On doit aussi médi-ter l’ouvrage de Barthélemy Inthiery , intituléVArt de conserver les grains. Ces différens ou-vrages ne laissent rien à désirer sur un objetd’une aussi grande importance , qui a aussi ététrès-bien traité par M. Cailleau , dans un Mé-moire inséré dans le recueil publié par la So-ciété royale d’Agriculture de Paris , trimestrede printemps , année 1788. On peut encoreconsulter l 'Encyclopédie méthodique , Dic-tionnaire d’Agriculture , au mot conservation.
(T.)
( 56 ) Dans le très-grand nombre de moyensproposés pour conserver des approvisionnemensde blé, il n’en est pas de plus économique et deplus conforme à la saine physique , que celuiqui consiste à mettre les grains , dès qu’ils sontparfaitement ressués , nets et secs , dans dessacs ; à tenir ces sacs fermés , isolés , éloignésdes murs , et assez écartés les uns des autres ,pour que l’air puisse circuler autour , et favo-riser le passage nécessaire entre les rangées.Cette méthode présente une multitude d’avan-tages dont on va réunir ici les principaux , afinde pouvoir les comparer aux inconvéniens desautres pratiques usitées.
i°. C’est une vérité démontrée que le blé di-visé en petites masses , s’échauffe et fermentemoins aisément que quand il est amoncelé engros tas ; les sacs isolés doivent être considéréscomme autant de petits greniers contenus dansun grand.
2 0 . On peut aisément, et il sera facile déju-ger sur-le-champ du rapport entre la mesurelivrée et celle que présente la mise en sacs ,déduction faite des criblures.
3 °. Il n’en coûte plus aucun frais de main-d’œuvre et de déchet, quelque long que soit leséjour du blé au grenier.
4 °. On évite le dépérissement du blé aban-donné à l’action de l’air, aux animaux qui y ontaccès, aux ouvriers employés à la manutention.
5 °. Le même grenier peut contenir du blé ensacs , une fois autant, et même plus , que lors-qu’il est répandu sur le plancher à la manièreordinaire ; on pourroit même , dans des cir-constances , augmenter et doubler les sacs , enles mettant au-dessus de la première rangée.
6°. Les fermiers sont à portée de conserverles produits de leurs moissons d’une année àl’autre, sans dangers , sans frais , sans quitterleurs champs un jour favorable aux ensemen-cemens, à la récolte ; en un mot , sans qu’ilsoit nécessaire d’employer un aussi grand em-placement.
7 0 . Les particuliers logés étroitement , ont lafaculté de conserver à peu de frais leurs pro-visions , dans tous les endroits de la maison ,sans courir aucun risque de la part du local.
8°. On peut , à volonté, visiter les sacs, les
Page 166 fcolonne I fligne i5.