DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. i 9 5
celles qui ne sont pas officielles le sont dans unautre.
Nous qui n’avons ici en vue que l’intérêt pu-blic et l’instruction agricole , nous ne voyonsaucun danger à publier notre appercu des dé-penses et des recettes de la ferme dont nousvenons d’esquisser le tableau. Nous désirons enoutre que l’on ait par-tout la candeur de publierun compte exact des exploitations rurales. Danstoutes les affaires , il faut compter : c’est encomptant qu’on s’enrichit. Les particuliers nesont ruinés que par leurs mécomptes ou par ceuxdu fisc.
Un très-digne agronome anglois , M. Mar-shall, a dit que sans des comptes annuels , mé-thodiques et réguliers , la profession agricoleresteroit éternellement dans l’état d’un aveugleet grossier empyrisme. Par-tout où il y a em-ploi d’argent , les comptes sont la pierre detouche de tous les plans et de toutes les opéra-tions. Le manufacturier tient des livres , non-seulement pour calculer ses profits annuels, mais -encore pour toutes les branches et tous les ar-ticles de son établissement. L’agriculture est uneespèce de manufacture d’un genre très-compli-qué. Les calculs qui y sont relatifs , demandentd’être faits avec beaucoup de soin. Par ces rai-sons, M. Marshall dit qu’un compte de chaqueannée est l’opération finale de l’agriculture-pra-tique ; et nous nous faisons gloire de pensercomme lui.
On prendra, si l’on veut , ce que l’on vientde dire pour le préambule du compte.
L’ordre en sera très-simple. Le bordereau del’agriculture se compose d’abord de dépenses ,sans lesquelles il n’y auroit pas de recettes , etde recettes qui ne sont jamais qu’en raison eten proportion des dépenses. Heureux les pro-priétaires et les fermiers , heureux les peuples ,si tout Gouvernement admettoit annuellementles agriculteurs à compter avec le fisc de clerc àmaître , c’est-à-dire s’il les autorisoit à porter tousles ans en recette et en dépense, ne fut-ce quepar bref état, tous les profits , toutes les pertes ,tous les frais qu’ils font sur leur laborieusecommission !
COMPTE
Des Dépenses et des Recettes de la cultureflamande.
I.
D Épense relative à l’exploitation de seizeBonniers de terre , exploités suivant leTableau précédent.
Observation générale. Ces dépenses ont étécalculées pour l’époque à laquelle les notes dutableau de culture ont été recueillies , c’est-à-dire , en 1776.
Chapitre premier.Prélèvemens sur les Produits.
Article 1. Impositions , 1 livre1 o sous le cent de terre, ou 24 livrespar bonnier. Pour les 16 bonniers ,
c’est un objet de. 384 liv.
Art. 2. Loyer , ou rente payée aupropriétaire, 7 liv. 10 s. par cent deterre , ou 120 liv. par bonnier. Pourles 16 bonniers, c’est un total de. . 1,920Art. 3 . Taxedes pauvres, 10 s. lecent de terre , 8 liv. par bonnier.
Ci, pour les 16 bonniers . 128
Art. 4 -Dime ; onia mentionne iciseulement pour mémoire; on en don-
nera la raison dans les notes qui sui-vront le compte.Mémoire.
Art. 5 . Entretien de la ferme , àla charge du fermier, évalué à . . 5 o
Total de ce chapitre. . . 2,482 liv.
Chapitre II.
Prélèvemens pour les Fumures , suivant les5 , 6 e/ 7 e . colonnes du Tableau.
Art. 1. 234 charretées de fumier,
à 3 liv. 702 liv.
Art. 2. 96 paniers de cendres, à
1 liv. 10 s. i44
Art. 3 . 67 charretées de courtegraisse. ( Elles se trouvent à-peu-près et se manipulent dans la ferme.) Mémoire.
Art. 4. 28 cent de tourteaux, à9 liv. le cent. 252
B b 2
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1,098 liv.