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Tome I.
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SECOND LIEU

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qu ante-un ares , ou cinquante-une perches car-rées, en mesures nouvelles). Ces six départemensproduisent en tout dix-neuf millions soixante-unmille quintaux (quatre-vingt-quinze millionstrois cent cinq mille myriagrammes) de grainsde mouture. Une ferme de trois cents arpens(cent cinquante hectares) , en trois soles , donnepar an mille quatre cent cinquante quintaux(sept mille deux cent cinquante myriagrammes)de grains de motiture , dont il faut défalquerdeux cent quintaux (mille myriagrammes) , oupresque un sixième , pour la semence. Restemille deux cent cinquante quintaux (six milledeux cent cinquante myriagrammes) de produitnet. Cest quatre quintaux un sixième (environvingt-un myriagrammes) par arpent de grandemesure, ou huit quintaux trois cinquièmes (qua-rante-trois myriagrammes) par hectare.

Or , trois cents arpents de cent perches , àvingt-deux pieds la perche , équivalent à plusde deux cent cinquante hectares : cette fermecontient donc onze fois et plus , létendue de laferme flamande de seize bonniers. Le bonniervaut , comme je lai déjà dit, cent quarante-deux ares , ou cent quarante-deux perches car-rées de la nouvelle mesure. Les seize bonniersne font quun peu plus de vingt-deux hectares ,ou près de quarante-cinq arpens de la grandemesure.

On voit, dans le tableau , que cette ferme fla-mande donne tous les ans , savoir ; en blé ,quatre-vingt-un sacs pesant deux cent quarantelivres (douze myriagrammes) ; et en seigle , dixsacs du même poids , équivalens à vingt-quatrequintaux (cent vingt myriagrammes) , dont ilfaut défalquer un neuvième seulement pour lasemence : ce qui donne de produit net plus dedeux cent quatorze quintaux (mille soixante-dix myriagrammes); cest quatre quintaux quatresixièmes (vingt-quatre myriagrammes) par ar-pent , ou neuf quintaux un tiers (quarante-huit myriagrammes) par hectare.

Il en résulte quà ne calculer que le produiten grains de mouture , comme les désigne leC. Isoré , la culture flamande a déjà sur lautreun grand avantage ; elle met tous les ans plus degrains au marché.

Il est vrai quune grande ferme à jachères a

une sole en avoine et en grains de Mars. Maisce quelle produit dans un tiers seulement de savaste étendue , peut-il entrer en parallèle avecles immenses récoltes de tous genres que laferme flamande présente tous les ans dans lesdeux autres tiers de son enclos ?

On ne croit pas devoir les énumérer ici. Onessaiera den faire lévaluation dans le comptesuivant des dépenses et des recettes.

On a balancé long-temps pour savoir si lonjoindroit au tableau des cultures et des récolteslestimation en argent des frais et des produits.Cette estimation est si fautive , si difficile à ar-bitrer , si variable dannée en année , que loncraint de commettre ou dinsinuer très-involon-tairement de grandes erreurs , même avec le plusreligieux scrupule et les intentions les plusdroites. On est donc bien loin de présenter cecompte avec la même confiance que le premiertableau. La partie foible de tous les cadastres, detous les terriers , de toutes les statistiques, cestla traduction en langue monétaire des prix et desvaleurs usuelles. Cette languenest jamais fixée ;elle est plus mobile encore que les autres idiômesvivans : elle a des nuances plus incertaines etplus fugitives. On ne hazarde donc le compte quiva suivre , quavec la circonspection et la dé-fiance les plus prononcées. On croit même devoirsélever davance contre quiconque voudroit abu-ser de ces apperçus , qui ne sont nullement au-thentiques. Ce sont des hypothèses que lon croitpouvoir hazarder en faveur de ceux qui étudientles procédés de lagriculture ; mais ce ne sont pasdes données d doivent partir les arithméti-ciens politiques.

Cette observation est essentielle. On a telle-ment abusé en finance , sur-tout dans les tempsantérieurs à celui-ci, des renseignemens vagueset des notions incomplettes , quil en est restédans le public une crainte excessive de livrer lesmoindres documens sur le rapport exact des pro-priétés. On imagine toujours que ces détails sontun secret qui se dit àloreille desGouvernemens,et lon est enclin à penser que cette confidenceest indiscrète. Cest un des grands obstaclesqui sopposent, en tous pays, à la perfection desétudes statistiques. En ce genre , les réponsesofficielles sont suspectes dans un sens , et