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Tome I.
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DU THÉÂTRE D AGRICULTURE.

Récapitulation de la Dépense.Chap. I. Prélèvemens annuels

sur les produits.2,482liv. s.

Ch. II. Fumures. 1 > 1 94

Ch. III. Semences. 4 2 ^ 2

Ch. IV. Bestiaux. 3 ,060

Ch. V. Domestiques et ou-vriers.1,066

Ch. VI. Entretien du mé-nage . 610

Ch. VII. Intérêt des avances. 4 00

T o t a l de la Dépense . . 9,240 liv. 2 s.

Avant de passer au chapitre de la recette , ilconvient dexpliquer quelques articles de la dé-pense. On rappellera sommairement à la tête dechaque note , le chapitre et larticle qui don-nera lieu à des observations.

Chat. I er . Art. I er . Impositions.

Il ne faut pas oublier que ceci remonte àlétat des choses en 1776.

Le fermier payoit environ 24 patars , argentde Flandre , ou 1 livre 10 sous par cent deterre : cette charge étoit imposée par les Etats deLille , pour subvenir aux différentes demandesdu Gouvernement. Nulle distinction de terresnobles ou ecclésiastiques. On navoit laissé auxnobles dautre distinction quune légère remisesur leur consommation de bierre ou de vin ; lesmoines et les ecclésiastiques sétoient affranchisde la moitié de limpôt sur les boissons. Les deuxvingtièmes et les quatre sous pour livre étoientune charge des propriétaires; cette taxe étoit éta-blie daprès danciens cadastres. Limpôt se-partissoit par des échevins délégués dans chaquevillage. Comme toutes les terres sont égalementbien cultivées, le laboureur étoit fort tranquille ;il savoit à lavance ce quil devoit j>ayer , et necraignoit pas que lon vint diviser sa possessionen autant de classes arbitraires quil plairoit auxtraitans : sa taxe étoit celle de son voisin quilimposoit, et quil imposeroit à son tour. Ceque lon appeloiten Flandre taxe defaux frais ,servoit à acquiter les dépenses de la commune ;elles consistoient principalement dans lentretiendes cloches , le salaire du maître décole et les

secours accordés à quelques pauvres , que desaccidens particuliers faisoient tomber à la chargede la paroisse.

Pour entendre ceci, il faut savoir quen Flan-dre , les infirmes , les orphelins , les pauvresdes campagnes , ne sont point reçus dans leshôpitaux des villes ; cest à chaque commune àprendre soin de ceux qui y demeurent et setrouvent dans lindigence. On ne peut se refu-ser à faire connoître la manière simple dontsexécute le placement des vieillards , des orphe-lins et des infirmes : parmi une foule décritspubliés sur léconomie rurale , on nen connoitaucun qui ait parlé du genre dadministrationen vigueur dans presque tous les villages de laFlandre.

Le jour de la Saint-Jean, on assemble danslÉglise tous les pauvres qui sont à la charge dela paroisse. On les fait monter lun après lautresur une pierre élevée , et on en fait une espècedadjudication au rabais ; cest-à-dire que celuiqui demande le moins pour la pension du pauvreainsi exposé à lencan , se charge de le nourrirpour le prix convenu. On paie ordinairement75 livres pour un enfant ; 120 livres pour unvieillard, On a vu une femme en chartre dont onna pas voulu se charger à moins de 3 oo livres.

La commune ne se contente pas de payer lapension du pauvre qui est à sa charge , elledonne encore environ 24 livres , par année ,pour le linge et les habits. On le visite , et lonsurveille sa conduite.

Ce mode dadministration a quelque chose derepoussant au premier coup dœil ; mais quefaisons-nous donc ailleurs , pour le pauvre dela campagne ? On labandonne à son triste sort.Cest une faveur sil peut obtenir la permissionde se faire empiler dans les hôpitaux des grandesvilles. En Flandre , il meurt du moins dans unair libre et au milieu de ses amis.

Chap. I er . Art. II. Loyer .

Un fermier de seize bonniers ne paye 120 li-vres du bonnier que dans les quatre à cinq com-munes qui entourent la ville de Lille . Encorefaut-il pour cela quil ait une certaine quantitéde terres en prairies , ou pâtures grasses. Lemoyen terme du loyer des terres paroi t être