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Tome I.
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SECOND LIEU

de 100 livres seulement. Il y a des communes il nest que de 55 à 60 livres par bonnier,mais elles sont en petit nombre.

Il faut observer que les vingtièmes et souspour livres nétoient pas supportés par le fer-mier. Aujourdhui, la majorité les paye ; maiscela ne provient que de la suppression de ladime.

Chap. I er . Art. IV. Dime.

On na point fait mention de la quotité de ladime, parce que cette charge oppressive delagriculture ne pesoit pas beaucoup sur le fer-mier Flamand. Les dîmes , en Flandre , étoientpresque toutes féodales , quoique souvent per-çues par des ecclésiastiques. Mais (et cest sansdoute, ce qui avoif contribué au perfectionne-ment de lagriculture) , il ny avoit que le blé etle lin qui fussent sujets à la dime. Les hiver-nages , le colsa, en étoient exempts. Celui quivendoit son lin sur pied , le vendoit à la chargedacquitter la dime. Ainsi, elle se retrouvoitsur le prix de la denrée.

Quelques écrivains qui paraissent très-zélés,reproduisent aujourdhui le système attribué àVauban , sur la préférence que mériterait limpôten nature, appelle par lui la dixme royale. CesÉcrivains sont bien intentionnés ; mais lagri-culture serait perdue , si cette bonne intentionpouvoit être accueillie. Stewart a démontré lil-lusion de leurs calculs dans ses recherches surléconomie politique.

Pour persuader aux François de rétablir ladîme , on invoque sur-tout lexemple de saperception au profit du clergé anglois ; mais onignore donc que les cultivateurs anglois necessent de réclamer contre. M. Arthur Young en démontre labus, dans toutes les occasions. Ildit que cet impôt porte directement sur lamé-lioration , et que les dîmes nuisent singulière-ment aux progrès de la culture angloise. Cepen-dant elles ne sont pas levées par-tout en nature.Sous telle forme que ce soit, M. Arthur Young conclut en propres termes quelles sont désas-treuses. Il nous apprend quen Angleterre on anommé des commissaires pour présenter un planafin de supprimer la dîme; et cest précisémentquand lAngleterre cherche à se délivrer de ce

joug quon propose aux François , qui sen sontaffranchis , de reprendre une charge dont laseule idée est capable détouffer lémulation , etde décourager et ruiner lagriculture.

Si lon veut avoir une idée de lexaction dela dime et du tort que lagriculture en ressen-toit avant la Révolution , il faut savoir quenplusieurs lieux les décimateurs , non contensde prendre les gerbes du champ , poursuivoientle blé jusquau four et dimoient encore le pain.Cétoit ainsi quà Bèze , village misérablequatre cénobites consommoient autrefois centmille francs de revenu , les fils de Saint Benoîtprenoient une gerbe sur dix dans les champs desparticuliers, et puis au four un pain sur douze.Daprès un calcul assez simple , on voit quecette double dime emportait à - peu - près unegerbe sur trois , puisquil faut tenir compte desfrais et des avances pour obtenir les gerbes , lesbattre et convertir les grains en farine et enpain. A Mirebeau , cétoit bien pis ; la dime yétoit triple : aux champs , de vingt-cinq gerbes,on nen enlevoit quune ; mais ensuite , aumoulin , de vingt-quatre mesures , la dîme enprenoit encore une ; enfin, au four banal , vingt-quatre pains en donnoient deux. (Encyclopédieméthodique , Supplément au Dictionnaire deGéographie. )

Quel étoit leffet nécessaire de ladmirableinvention dun droit de récolter , sans avoir la-bouré , ni fumé , ni semé ! U Encyclopédie nousFapprend. Ce beau territoire de Bèze , situé enBourgogne , aurait pu porter une ville de quatreou cinq mille âmes. Grâce aux dîmes , il nyavoit que quatre seigneurs moines , avec deuxcent nécessiteux.

On dira que la dîme nétoit pas par-toutaussi forte ; mais on a démontré que ce fardeaunen étoit pas moins pesant, quand bien mêmeil ne sembloit fixé quau dixième de la récolte.Ce dixième apparent étoit le quart réel ; souventmême il pouvoit absorber la totalité du produitnet dun champ ; car le décimateur prenoit tou-jours son droit dans la même proportion , memedans les années le champ ne rendoit que leloyer et la semence, ce qui arrive trop souvent.On peut voir les articles intitulés Valeur de ladime , sur les grains et sur la vigne , dans les