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TROISIESME LIEU
très-abondante ; on a même remarqué que cevin ne le cédoit point aux autres en qualité ,pourvu qu’on donnât au raisin tout le tempsnécessaire pour bien mûrir , et avant tout celuiqu’il lui faut pour se perfectionner. Le seul in-convénient seroit si cette double récolte épui-soit trop la terre, mais on y pare en la boni-fiant par des engrais.
>5 Pour parvenir à la plantation des vignes entreilles , on doit faire des fosses de deux pieds(soixante-six centimètres) de profondeur, surtrois pieds ( un mètre ) au moins de largeur ; cesfosses doivent être faites long-temps avant làplantation. La meilleure méthode est de lescreuser avant l’hiver, soit parce que la terres’améliore par la gelée , la neige et les frimats ,soit parce que le froid détruit jusqu’aux racinesdes herbes voraces qui pourroient se trouverdans la terre.
» Les fosses doivent être faites en ligne droiteet dirigées du nord au midi : la raison de cettedirection est sensible ; c’est parce que les treillesne formant qu’une masse dans toute leur lon-gueur , et offrant par conséquent une grandesurface , elles seroient aisément renversées pâl-ies vents du nord ou du midi , qui sont lesvents les plus impétueux dans ces contrées ; onévite cet inconvénient en les dirigeant du nordau midi : les intervalles laissent tout l’espacenécessaire à la circulation du vent.
» La distance de chaque rang de treillage doitêtre de vingt à vingt - deux pieds ( dix-huit àvingt mètres) , sans quoi le cep devenant forttouffu après quatre ou cinq ans, son ombretrop étendue endommageroit la récolte des grainsqu’on a semés dans les plate-bandes qui séparentchaque rang de treilles.
» Il est nécessaire qu’il y ait, d’une souche àl’autre, la distance au moins de six pieds (deuxmètres) : par ce moyen les souches prennentplus de force , durent plus long - temps , etproduisent davantage.
» On ne doit planter que des ceps chevelus ,appelés communément barbus.
» Comme le barbu qu’on a couché s’élève horsde terre , à la hauteur d’un pied ( trente-troiscentimètres ) ou environ , il faut planter unéchalas à côté , et attacher le barbu à l’écha-
las par deux petits liens d’osier, qui l’assujet-tissent sans le serrer ; un de ces liens sera misà deux pouces ( six centimètres ) en terre , etl’autre à deux ou trois pouces ( six à neuf cen-timètres ) au-dessus de la surface. Lorsqu’onveut ensemencer les plate-bandes , il est à pro-pos de laisser un pied et demi ( un demi-mètre)de distance de chaque côté de la plantation,pour pouvoir donner à ces jeunes plants lescultures nécessaires qui doivent être au moinsau nombre de quatre, pendant les quatre pre-mières années.
» Il faut observer que les treilles ou treillagesdont il s’agit , ne sont pas ce que l'on appellehautains ; ils sont à-peu-près élevés comme lesespaliers ordinaires , avec cette différence queles ceps de ceux-ci sont plus bas , plus près lesuns des autres , et que les plants ne sont pas lesmêmes.
» Après avoir planté les treilles, il ne faut don-ner aux ceps, en les taillant, que deux branchesou bourgeons , jusqu’à la troisième année , pourqu’elles puissent se fortifier et donner du boispropre à être élevé ou arçonné , selon le termede ce pays.
»La seconde année, on se contentera de mettreà chaque cep une perche de saule, ou autre bois,à la hauteur de quatre pieds ( un mètre trentecentimètres ) hors de terre , et d’y attacher lesbranches ou pampres ; ce qui suffit jusqu’à laquatrième ou cinquième année , temps auquelon doit mettre à chaque souche un bon piquetde sept à huit pieds ( deux mètres et demi envi-ron) de hauteur et gros à proportion. On doitchoisir par préférence le bois de châtaignier, d’a-mandier ou de mûrier , parce que ces espèces debois se conservent dans la terre ; on doit avoirattention de brûler le bout qu’on veut planter ,crainte qu’il ne repousse , et qu’attirant la sève,il ne l’intercepte , ou , ce qui seroit encore plusdangereux , il ne la communique à la soucheavec sa qualité visqueuse , ce qui la feroit pé-rir : précaution qu’on doit prendre plus parti-culièrement encore , lorsqu’on fait usage dubois de châtaignier ; de-là vient cpu’en général,on ne doit employer que du bois sec.
33 Pour donner plus de solidité aux treillages ,il seroit bon d’employer des perches de châtai-gnier