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QUATRIESME LIEU
CHAPITRE VI.
Des Des ce s et Farrogés.
D e plusieurs autres sortes d’herbages,s’accommode-on pour suppléer au défautdes pastis et prairies, que la nécessité afaict inventer , selon les terroirs esquelsl’on est posé, et le bestail qu’on a à nour-rir. La vesce fournit de bonne pasture, siestant semée en terre fertile, elle est fau-chée en herbe, et sans en espérer le grain.Mais en plus grande abondance donne-elle de la mangeaille au bestail, si onla mesle par esgale portion , avec de l’a-voine ; pour ensemble semer ces deuxgrains, et en faucher l’herbe vers le com-mencement de Mai. Toutes sortes debestes , aiment ceste viande (43) : maispar sus toutes , la bouvine s’en paist très-bien. Les beufs du labourage en sonttous-jours forts et robustes. Les vaches enabondent en laict : et s’en engraissetoute l’omaille , jeune et vieille , qui enest nourrie.
Quand se- Deux saisons , pour ensemblement se-
l'ieria vesce. mer i avesce etl’avoine, y a-il, l’automne
et le printemps, toutes-fois, les prime-raines (44) de ces semences-ci, sont tous-jours les plus fructueuses ; comme aussiabondent plus en herbage, les grasses ,que les maigres terres. Si estes en paysoù l’avoine résiste à l’hyver ( car quantà la vesce n’en faut faire doubte, sousquel aer que ce soit), ne délayés ce mes-nageplus avant, que de la fin d’Octobre $mais vostre climat estant par trop froid,
En queiu attendrés la fin de l’hyver. Quant à laterre, il est bien fasclieux d’employer là
le meilleur fonds, veu que le moyen sa-tisfaict raisonnablement à ces choses : parquoi, ce sera en terre de moyenne ferti-lité , que logerés ces semences-ci : si sansgrand intérest de vostre labourage , pourl’abondance de bonnes terres qu’aurés,vous est permis de vous servir en cest en-droit, de partie de vostre plus fécondterroir. Seroit à souhaitter que le lieu fustsans aucunes pierres, pour la commo-dité des faucheurs. Défaillant telle ai-sance , ne laisserés de vous servir du lieuqu’aurés , tel qu’il se rencontrera ; carla faucille en fera la raison. Et bien-quecest herbage couste plus à moissonner ,qu’à faucher, pour cela ne faut laisser des’en pourveoir : estant beaucoup plus cher,ou de nourrir mal le bestail, ou d’en allercercher loin le fourrage, avec despenceetfascheux souci. Del’arrouser, ne vousmettés en peine : toutes-fois, ayant l’eauà commandement, donnés-leur-en en lasécheresse, car cela fera plus abonderl’herbage, que si le laissiés avoir soif.
Grande commodité causent ces herba-ges-ci , aux pays diseteux de foins et pas-tis : quinze ou seize arpens de terre jn’o-duisans la nourriture , pour toute l’an-née , de dix ou douze bestes bouvines ,dont elles s’entretiennent vigoureuse-ment j comme aussi, telle viande , estagréable aux chevalines. Et ce qui aug-mente le mesnage, est que la vesce en-graisse , plustost qu’emmaigrit, le ter-roir, après laquelle et l’avoine ensemblemeslés, peut-on utilement semer du fro-ment , du seigle , et autres blés hyver-naux ; pourveu que le fonds en ait estébien et diligemment labouré. Par ainsi ,selon la disposition de vostre labourage,ferés de ceste pasture, par-ci, par-là, ès
lieux
Quand Car -router.
Son rapport.
Sa vertu.