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Dechienssein lenager.
QUATRIESME LIEU
à cause qu’ils sont sujets à plusieurs mala-dies qui les tuent : lesquelles, ou la plus-part, le soucieux porchier préviendra parcuriosité et diligence. C’est en ne mes-lant jamais ses pourceaux avec ceux desvoisins, en les conduisant par l’ordre sus-dict : en les remuant de lieu maladif, entemps dangereux, en autre aéré et sain,et en curant souvent les estables, pouravec nouvelle lictière , les tenir tous-jours nettement. Ainsi de sa cliarge re-cevra-il honneur et son maistre conten-tement ( 182 ).
CHAPITRE XVI.Les Ckiejis.
(j’est chose confessée de tous, que moin-dre honneur n’y a-il de conserver le bien,que de l’acquérir. Le moyen d’avoir et denourrir le bestail a esté ci-devant ensei-gné. Pour le garder, et la maison avec,les chiens se présentent ici, la fidèle uti-lité desquels estant si notoire , qu’il seroittemps perdu de discourir sur la louangede tant noble animal. Pour laquelle cause,sont les chiens couchés en suite de l’autrebestail, bien-qu’ils ne soyent de leur ordi-naire : vivans d’autres alimens que desfourrages de la campagne.qu,u Nous-nous choisirons, donques, la racea , n ' ei . des chiens proprement nés à la garde dela maison , et du parc, puis que là con-siste tout nostre bien ; laissans ceux dechasse pour un autre endroit. A l’an-tique distinguerons-nous les chiens , del’une et l’autre garde : et dirons, queceux destinés pour la maison, doivent
estre de couleur obscure , et ceux du parc,de claire : d’autant que les noirs, semblenttous-jours plus terribles que les blancs, etqu’en l’obscurité de la nuict, les larronsapprochans la maison , évitent autant ai-sément ceux-ci, comme ils tumbent èsdents de ceux-là par mesgarde. Et queles blancs pour la conformité de la cou-leur, conversent facilement avec les mou-tons et brebis : ce que ne font les noirs,qui espouventent ce timide bestail, cui-clant que ce soyent loups qui l’approchent;estans tous-jours ces bestes ravissantesobscurément emmantelées.D’ailleurs, leberger voulant frapper le loup s’appro-chant du parc , frappe quelques-fois sonchien, s’il est de couleur obscure, prenantl’un pour l’autre : ce qu’il ne feroit estantblanc , par facilement le recognoistre ,quelque ténébreuse que soit la nuict ( 1 83).
Pour lesquelles gardes , le chien sera choitchoisi de grand corsage : ayant grosse chun 'teste : grandesles yeux brillans, azurés ou noirs : les es-paules et la poictxine larges : l’eschineplus ramassée que longue : la queue asséscourte et renversée en haut : les jambeset les pattes grosses : le corps générale-ment bien fourni de poil, barbet ou ras.
Doit estre joyeux et esveillé ; et quant aureste de ses moeurs, modéré, ne doux necruel, afin d’en tirer digne service, sansflatter les estrangers , ne mordre les do-mestiques. Plus de rigueur que de douceur P , Mr utiendra le chien de la maison : ce qui sesupportera sans crainte de mal faire, cor-rigeant sa cruauté par l’attache , à la-quelle on le tiendra tout le jour. Et celamesme reviendra à utilité à bien garder ,quand sa vertu se renforcera la nuict ,qu’estant lors destaché, se rendra plus
et pendantes aureilles :