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QUATRIESME LIEU
qui le composent finissent de fleurir. Les regainssont d’autant meilleurs et plus abondans , que lefoin a été coupé plutôt.
Le foin coupé à cette époque, et par un tempssec, autant que cela est possible, doit l’êtreprès de la superficie du terrein , et lorsque larosée est passée. La dessication ou le fanagedoit en être rapide et continu : sa lenteur faitperdre au foin la plus grande partie de son par-fum , et le passage alternatif de la sécheresse àl’humidité le gâte. Il est donc préférable , si lesbras sont rares , d’en faucher moins à-la-fois ,afin de pouvoir le mettre en meule à mesure. Sila pluie survient lorsque le foin est coupé, etqu’il ne soit même encore qu’en andains , il nefaut pas y toucher, tant qu’elle durera.
Lorsque l’on fauche dans des prés humides,où la dessication est très-difficile, on doit trans-porter le foin, pour le faner, dans des positionsplus sèches , à portée des lieux où il doit êtreserré ou mis en meule piour y rester. Dans le casoù l’on n’auroit point de ces positions sèches ,on pourroit aider le fanage , en répandant ou enpiquant sur ces prés des branches mortes qui tien-droient le foin éloigné du sol, et faciliteroientla circulation de l’air. Cette pratique , qui estembarrassante, devient cependant fort utile pourles regains qui sont coupés tard.
Les principes établis pour la récolte du foinsont applicables aux prairies artificielles , aveccette différence , cependant, que la luzerne , letrèfle et le sainfoin doivent être coupés dès qu’ilscommencent à fleurir. Ils peuvent être conservésde même dans les meules à courant d’air , dontnous allons parler , en donnant à ces meules unpeu moins de diamètre.
L’époque de la récolte du foin étant fixée , lefanage lui ayant laissé de la souplesse et uneflexibilité telles qu’il ne se rompt point en le ma-niant, il reste à connoître le meilleur moyen dele conserver.
Plus le foin est transporté et remanié , plus ils’en perd, plus sa saveur et sa couleur sont alté-rées , plus il se charge de poussière ; il est alorsmoins bon pour les chevaux , et souvent il lesrend poussifs.
Dans plusieurs pays, les chevaux ne sontnourris presque qu’avec du foin , et cependant
ils n’en éprouvent aucun inconvénient : cela tientà sa conservation et à son ancienneté ; on ne leleur donne, au plutôt, qu’au bout d’un an.
Le moyen de conserver le foin en meules ,lorsqu’elles sont convenablement faites, est pré-férable à tous les autres ; il épargne la construc-tion des granges et greniers, rend le bottelageplus simple , laisse au foin toute sa qualité , etla prolonge tant qu’on le désire.
Moyen de conserver le Foin dans les Meulesà courant d’air.
Les deux principales conditions à remplirdans la construction des meules de foin, tellesqu’on les propose , sont de les rendre tellementserrées , qu’elles soient à l’abri de l’humidité ,et tellement susceptibles d’être rafraîchies parl’air, qu’elles ne puissent pas s’échauffer.
On remplit ce double but par le soin qu’onmet à entasser le foin , et par l’introductiond’un courant d’air au centre de la meule.
Le terrein où l’on établit la meule doit êtresec , uni, et près du lieu où le foin est consom-mé ; on y trace un cercle de trente pieds ( en-viron dix mètres ) de diamètre, moins si l’onveut; on le divise en quatre parties égales, pardeux lignes qui se croisent à son centre. A sixpouces ( dix-sept centimètres ) de chaque côtéde ces lignes, on établit, à un pied (trente-troiscentimètres) de haut, des pièces de bois ou despierres pour former un espace vide ou conduitd’air : ce conduit se trouve avoir alors un pied(trente-trois centimètres) de vide sur tous sens;on le recouvre avec des planches ou de petitesbûches, afin d’empêcher le foin de le remplir. Onlaisse au centre , ou point de réunion des deuxconduits, une ouverture d’un pied ( trente - troiscentimètres ). On remplit de niveau les quatreespaces vides qui restent entre les conduits,avec des bourrées ou fagots; de sorte que le toutprésente un plan solide , sur lequel on pose lefoin , et qui l’empêche de recevoir l’humidité dela terre.
Sur cette ouverture d’un pied (trente - troiscentimètres), restée au centre du massif, on posesolidement un cylindre d’osier à claire-voie , à-peu-près du même diamètre, dont l’usage est decontinuer j usqu’au haut de la meule le conduit