Band 
Tome I. IIe. Partie.
Seite
608
JPEG-Download
 

6o8

QUATRIESME LIEU

trières pour la vache et pour le veau. Il fautlaisser les eaux percer elles-mêmes, et se bornerà aider la vache, en tirant doucement le veau,lorsquelle fait des efforts pour lexpulser.

Il est essentiel aussi, dans ces cas, de sabste-nir des moyens échauffans quon prodigue quel-quefois pour accélérer sa sortie , tels que le vin,le sucre, la canelle , la muscade, etc., et qui laretardent, au contraire, par lirritation quilsexcitent ; il ne faut y avoir recours que lorsquela vache paroît affoiblie , et ils doivent toujoursêtre prescrits par un artiste vétérinaire. On secontentera , si le travail dure long-temps , dedonner à la vache de bons alimens , en petitequantité , et de leau blanche un peu salée.

On lui fera une ample litière, afin que le veaune puisse se faire de mal en tombant ; car lesvaches mettent presque toujours bas debout.

Le vêlage arrive assez souvent dans une sai-son encore froide ; il faut couvrir les vaches,ne les point sortir pendant quelques jours, etsur-tout ne pas les exposer à lair froid , ou àla pluie.

On est assez généralement dans lhabitude,aussitôt que les vaches ont mis bas et que lecordon ombilical est rompu , dy attacher unmorceau de bois ou un petit poids quelconque ,pour en empêcher la retraite dans la matrice ;cette précaution, qui, le plus souvent, est inu-tile , peut quelquefois néanmoins faciliter la sor-tie du délivre et sopposer à son séjour troplong-temps prolongé ; et il est bon de la mettreen pratique, sur-tout dans les vaches foibles, etqui étant fatiguées par laction du vêlage, fontpeu defforts pour lexpulsion de larrière-faix.

La promptitude de cette expulsion nest pas ,au surplus , une des conditions essentielles duvêlage naturel. Tant que la bête jouit de sa santéet quelle fait parfaitement toutes ses fonctions,on doit se borner à être spectateur ; et il fautbien se garder de se hâter dintroduire la mainet le bras dans la matrice , comme on ne le faitque trop fréquemment, pour en arracher toutce qui y paroît étranger. Nous avons souventattendu , sans le moindre danger , jusquaudixième jour, malgré les vives sollicitations quenous faisoient des propriétaires pour accélérercette sortie, qui nest jamais dangereuse quand

elle est louvrage de la nature , et qui peutavoir les suites les plus funestes lorsquelle estsollicitée par des efforts étrangers à lanimal.

Ce nest que lorsque la vache paroît malade ,abattue , et que les forces de la nature sont évi-demment insuffisantes, quon doit se déterminerà extraire le délivre ; et cette opération , très-délicate , ne peut être avantageusement prati-quée que par un homme de lart, qui connoisseparfaitement la structure des parties sur les-quelles il doit agir.

Il en est des breuvages durine , de vin , deSabine , de rue , etc. , quon conseille en pa-reille circonstance , comme de ceux dont nousavons déjà parlé, et sur lemploi desquels ondoit être très-réservé ; ils peuvent quelquefoisfaire beaucoup de mal, en excitant la fièvre,linflammation , etc. , et ne conviennent quedans un très-petit nombre de cas qui doiventtouj ours être déterminés par lartiste vétérinaire.

Au surplus, de légères promenades , lorsquela saison le permet, le bouchonnement sur lesreins et sous le ventre, soit avec un bouchon depaille , soit avec un morceau détoffe de laine ,facilitent beaucoup la sortie du délivre.

On doit se borner , lorsque les vaches sonttrop long-temps à délivrer , à les aider en leurdonnant une rôtie au via, au cidre OUflU poiré.Lorsquon la fait au vin , on le mêle avec égalequantité deau. Cette rftie doit être de cinq àsix litres (cinq à six pir.tes ) de liquide , danslequel on a émietté sept ou huit hectogrammes( environ une livre et dénié) de pain rôti; ellesdévorent ordinairement (et aliment.

Quelques heures après, on donne à la vacheun demi-seau deau tiède , blanchie avec de lafarine dorge grossièrement moulue , ou avec leson de froment.

On continue de lui doaner cette boisson pen-dant cinq à six jours , et si lon voit que lavache soit foible , et quelle ait de la peine à serétablir , on lui donne , pendant huit à dixjours , la rôtie au vin 01 au cidre , dont nousvenons de parler.

Beaucoup de propriétacres laissent dévorer ledélivre à leurs vaches, aussitôt quil est ex-pulsé , dans la fausse peisuasion quelles aurontbeaucoup plus de lait ; d'autres , au contraire ,

ont