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QUATRIESME LIEU
trières pour la vache et pour le veau. Il fautlaisser les eaux percer elles-mêmes, et se bornerà aider la vache, en tirant doucement le veau,lorsqu’elle fait des efforts pour l’expulser.
Il est essentiel aussi, dans ces cas, de s’abste-nir des moyens échauffans qu’on prodigue quel-quefois pour accélérer sa sortie , tels que le vin,le sucre, la canelle , la muscade, etc., et qui laretardent, au contraire, par l’irritation qu’ilsexcitent ; il ne faut y avoir recours que lorsquela vache paroît affoiblie , et ils doivent toujoursêtre prescrits par un artiste vétérinaire. On secontentera , si le travail dure long-temps , dedonner à la vache de bons alimens , en petitequantité , et de l’eau blanche un peu salée.
On lui fera une ample litière, afin que le veaune puisse se faire de mal en tombant ; car lesvaches mettent presque toujours bas debout.
Le vêlage arrive assez souvent dans une sai-son encore froide ; il faut couvrir les vaches,ne les point sortir pendant quelques jours, etsur-tout ne pas les exposer à l’air froid , ou àla pluie.
On est assez généralement dans l’habitude,aussitôt que les vaches ont mis bas et que lecordon ombilical est rompu , d’y attacher unmorceau de bois ou un petit poids quelconque ,pour en empêcher la retraite dans la matrice ;cette précaution, qui, le plus souvent, est inu-tile , peut quelquefois néanmoins faciliter la sor-tie du délivre et s’opposer à son séjour troplong-temps prolongé ; et il est bon de la mettreen pratique, sur-tout dans les vaches foibles, etqui étant fatiguées par l’action du vêlage, fontpeu d’efforts pour l’expulsion de l’arrière-faix.
La promptitude de cette expulsion n’est pas ,au surplus , une des conditions essentielles duvêlage naturel. Tant que la bête jouit de sa santéet qu’elle fait parfaitement toutes ses fonctions,on doit se borner à être spectateur ; et il fautbien se garder de se hâter d’introduire la mainet le bras dans la matrice , comme on ne le faitque trop fréquemment, pour en arracher toutce qui y paroît étranger. Nous avons souventattendu , sans le moindre danger , jusqu’audixième jour, malgré les vives sollicitations quenous faisoient des propriétaires pour accélérercette sortie, qui n’est jamais dangereuse quand
elle est l’ouvrage de la nature , et qui peutavoir les suites les plus funestes lorsqu’elle estsollicitée par des efforts étrangers à l’animal.
Ce n’est que lorsque la vache paroît malade ,abattue , et que les forces de la nature sont évi-demment insuffisantes, qu’on doit se déterminerà extraire le délivre ; et cette opération , très-délicate , ne peut être avantageusement prati-quée que par un homme de l’art, qui connoisseparfaitement la structure des parties sur les-quelles il doit agir.
Il en est des breuvages d’urine , de vin , deSabine , de rue , etc. , qu’on conseille en pa-reille circonstance , comme de ceux dont nousavons déjà parlé, et sur l’emploi desquels ondoit être très-réservé ; ils peuvent quelquefoisfaire beaucoup de mal, en excitant la fièvre,l’inflammation , etc. , et ne conviennent quedans un très-petit nombre de cas qui doiventtouj ours être déterminés par l’artiste vétérinaire.
Au surplus, de légères promenades , lorsquela saison le permet, le bouchonnement sur lesreins et sous le ventre, soit avec un bouchon depaille , soit avec un morceau d’étoffe de laine ,facilitent beaucoup la sortie du délivre.
On doit se borner , lorsque les vaches sonttrop long-temps à délivrer , à les aider en leurdonnant une rôtie au via, au cidre OUflU poiré.Lorsqu’on la fait au vin , on le mêle avec égalequantité d’eau. Cette rftie doit être de cinq àsix litres (cinq à six pir.tes ) de liquide , danslequel on a émietté sept ou huit hectogrammes( environ une livre et dénié) de pain rôti; ellesdévorent ordinairement (et aliment.
Quelques heures après, on donne à la vacheun demi-seau d’eau tiède , blanchie avec de lafarine d’orge grossièrement moulue , ou avec leson de froment.
On continue de lui doaner cette boisson pen-dant cinq à six jours , et si l’on voit que lavache soit foible , et qu’elle ait de la peine à serétablir , on lui donne , pendant huit à dixjours , la rôtie au vin 01 au cidre , dont nousvenons de parler.
Beaucoup de propriétacres laissent dévorer ledélivre à leurs vaches, aussitôt qu’il est ex-pulsé , dans la fausse peisuasion qu’elles aurontbeaucoup plus de lait ; d'autres , au contraire ,
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