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Tome I. IIe. Partie.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

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les rondes , le dos cylindrique , le poitrail large,le fanon descendant très-bas , la croupe large etarrondie , tous les membres gros et courts.

Son corps , trapu , est couvert dune lainetrès-fine , courte , serrée , tassée , imprégnéedun suint beaucoup plus abondant que dans lesautres races ; elle sétend sur toutes les partiesdu corps , depuis les yeux jusquaux ongles ;elle réfléchit extérieurement une couleur gri-sâtre , et quelquefois même noirâtre , due à lapoussière et aux autres corps étrangers qui ,sattachant au suint dont la toison est impré-gnée , forment une sorte de croûte rembrunie ;divisée avec la main , elle laisse apercevoir unelaine blanche, soyeuse, frisée, dont les brinssont dautant plus serrés , quelle est plus fine :on ny découvre point , ou bien peu, de cespoils gros, durs , courts, et quon connoit sousle nom de jarre.

Les testicules sont très-gros , très-pendans ,et séparés par une ligne dintersection parfaite-ment bien marquée.

La brebis la plus belle est toujours celle dontles formes se rapprochent le plus des caractèresqui constituent la beauté dans le mâle.

On doit, dans lun et lautre , sattacher sur-tout à la vigueur. Outre les signes généraux quilindiquent dans toute lhabitude du corps , la-gilité, la prestesse des mouvemens, il est facilede sen assurer , en saisissant lanimal par unedes jambes de derrière; sil la tire avec force ,que ses saccades soient brusques , promptes etlong-temps continuées , on peut se dispenser detout examen ultérieur ; si, au contraire , il neretire point sa jambe , ou sil ne la retire quefoiblement , il faut le rejeter.

Quoiquavec quelques soins on puisse êtreassuré dacclimater la race dEspagne presquepar-tout et à quelque âge quon transporte lesindividus , il est certain , cependant, quon estbien plus sûr du succès en transportant les ani-maux jeunes. On préférera donc , autant quonle pourra , des béliers de deux ans. Il est aiséde concevoir que plus les animaux sont jeunes ,plus il est facile de les plier , de les façonner aunouveau climat sous lequel on les transporte.

La race dEspagne saccommode de toutes lesplantes qui conviennent aux races communes.

Plus une toison est fine , serrée , tassée, etrégulièrement étendue sur toute la surface ducorps , plus il importe de soustraire aux effetsde lintempérie de lair les animaux quon vientden dépouiller. Les grandes chaleurs ne sontpas moins à craindre dans cette circonstance, quele froid et lhumidité. La température la plusmodérée est donc celle qu011 doit chercher à pro-curer aux bêtes â laine de race, pendant les pre-miers jours qui suivront la tonte : sils sont auparc , il importe de les en retirer , pourvu toute-fois quon puisse les tenir sous des hangars oudans des bergeries parfaitement bien aérées ; car,dans le cas lon nen auroit que de basses ,détroites, détouffées , il y auroit bien moinsdinconvéniens à laisser les animaux en plain air.

Le même principe doit faire proscrire , pourles bêtes de race, la méthode de laver les lainesà dos ; méthode qui , peut - être même , doitêtre proscrite pour toutes les races , ne présen-tant presque aucun avantage , et offrant, aucontraire , des inconvéniens majeurs. Il ne fautque les premières notions de la physique ani-male , pour sentir quels doivent être les effetsdune toison imbibée deau, quon laisse se des-sécher sur le corps dun animal auquel lhumi-dité est plus funeste quà aucune autre espèceconnue. La qualité, la conservation de la laine,ne sont pas moins intéressées que la santé desindividus , à la proscription de ce procédé ,quon ne suit , dans beaucoup de lieux, que parleffet de lhabitude routinière qui retient tantde cultivateurs dans lornière quils ont trouvétracée sur leur chemin.

La queue est , dans le mouton, un fardeauà-peu-près inutile et incommode. La queue secharge dordures quelle dépose en grande partiesur la toison , elle fatigue dailleurs , alors, parle battement répété , les jarrets et les jambesde lanimal. Les Anglois , les Espagnols , etgénéralement tous les peuples qui se sont atta-chés à lamélioration des laines , ont grand soinde retrancher la queue à leurs bêtes à laine. Onattend , pour couper la queue , que les agneauxayent trois ou quatre mois ; on la coupe à troisou quatre pouces (neuf à onze centimètres) deson origine : il ne seroit pas sans danger de lacouper trop près.

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