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QUATRIESME LIEU
maux se trouvent bien de vivre de glands. Onsait que cet aliment convient aux cochons ; lesvaches et les chevaux en mangent volontiers.Les cerfs , les biches , les daims s’en nourris-sent dans les forêts. J’ai vu des troupeaux demoutons dévorer ce fruit, lorsqu’on les condui-soit, en automne , sous une chesnaye. Les chè-vres en sont très-friandes. Voyez la note (ni)de ce Lieu , page 629. ( T.)
J70, (161) Ce chevrier de Nismes , qui , suivant
Uguè’ii 11 ’ Olivier de Serres , a si bien fait parler de sa vie,étoit sans doute si connu du temps de notre au-teur , qu’il a cru inutile d’en détailler l’histoire.On seroit curieux d’en être informé aujourd’hui.J’ai cherché dans divers auteurs , soit dans lesarrêtistes du ressort de Toulouse , soit dans leshistoires de Nîmes , et je n’ai rien trouvé. J’aiécrit sur les lieux. On croit qu’il est là questiondes ravages considérables que des chèvres, con-duites par un mauvais sujet, commirent dans desbois taillis , que les dents de ces animaux dévas-tèrent et réduisirent à l’état de simples garrigues,ou broussailles éparses. L’histoire de ce che-vrier est comme beaucoup d’autres faits que lescontemporains négligent d’expliquer et de spé-cifier, parce qu’ils sont notoires et qu’ils ontmême fait du bruit, mais sur lesquels ensuite onne peut plus former que de bien vagues conjec-tures. Par exemple , aujourd’hui tout le mondeignore la cause de ce fameux exil d’ Ovide ,cause qui, de son temps , étoit cependant sipublique , qu’il s’est cru nommément dispenséde la répéter dans une pièce détaillée, composéeexprès pour transmettre à la postérité l’histoirede sa propre vie :
Causa mece cunctis nimiàm quoque nota ruinceIndicio non est testificanda meo.
(Ovid. Trist. IV, Eleg. 10.)
Nous avons même des auteurs , bien plus ré-cens qu’ Ovide et Olivier de Serres , où l’ontrouve de ces passages , de ces allusions fami-lières à tout le monde dans le premier momentoù leurs ouvrages ont paru , et que personnen’entend plus. Il y en a de cette espèce dans lesLettres Persanes , du président de Montes-quieu , etc. Les nouveaux éditeurs donnenttout simplement le texte tel qu’il est , sans se
soucier de savoir s’il a besoin d’être éclairci.
On devroit prendre plus de soins , du moinspour les écrits classiques. Nous aurons obliga-tion aux lecteurs méridionaux de cette édition,s’ils peuvent nous mettre à portée de faire mieuxconnoitre le trait du chevrier de Nismes , et untrès-petit nombre d’obscurités du même genre,que nous n’avons pu débrouiller comme nousl’aurions désiré. (P. D. N.)
(162) Beaucoup de personnes regardent lacouleur blanche comme un signe de dégénéra- colonne ir,tion dans les animaux , et ensuite celles des 21 ’couleurs qui approchent le plus de la blanche.
Ces mêmes personnes pensent aussi que les ani-maux les plus forts et les plus vigoureux sontceux dont la couleur est la plus foncée et laplus uniforme. Les chasseurs et les naturalistesont fait à ce sujet quelques observations qu’ona peut-être trop négligées. La couleur du poild’hiver n’est pas la même que celle du poil d’été,et la force des animaux n’est pas la même dansces deux saisons. Au reste , dans les animauxdomestiques, plus éloignés de la Nature que lesanimaux sauvages , on peut moins vérifier depareilles observations , et il y a des animauxbons de tout poil. (JL.)
(1 63 ) Les chèvres cornues avortent plus fré- u em>quemment que les autres , parce qu’en se bat- li £'“ i6 -tant elles se blessent bien plus facilement : par
la même raison , celles sans cornes sont à pré-férer dans les troupeaux de bêtes à laine ,comme le dit Olivier de Serres ; elles y occa-sionnent moins d’avortemens, en jouant ou ense battant avec les brebis portières. Cette obser-vation est semblable à celle que nous avons faite,note (59) de ce Lieu , page 6 o 5 , sur les vachessans cornes.
Un autre motif doit déterminer encore à pré-férer les chèvres sans cornes dans les troupeauxde bêtes â laine , c’est qu’il est inutile d’avoirpour les chèvres des râteliers à part pour lesfaire fourrager à la bergerie , et que celles quiont des cornes ne peuvent manger aux mêmesrâteliers que les brebis. (LL. et T.)
( 164) Il arrive quelquefois que, dans un trou- p 5nipeau de chèvres, où les mâles sont sans cornes , colonne r,