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Tome II.
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XXIII
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

XX11J

cliangemens et quelques suppressions que jaieu soin de rétablir dans notre édition , lors-quelles mont parues en valoir la peine ; dansles éditions postérieures , il a fait quelques ad-ditions quon trouvera dans celle-ci. Les prin-cipaux changemens se rapportent aux pages 2,i 5 ,40 et 96.

Lépitre dédicatoire ma paru devoir êtreconservée, autant pour lexactitude liistoriaue,que par les observations quelle contient ; lavoici copiée textuellement.

« A Nobles et vertvevx Messieurs les Pre-uost des Marchans , Escheuins , Conseillers , etautres Officiers de lHostel de ville de Paris ,capitale de ce fleurissant Roiaume.

» Messievrs , aiant ces jours passez mis sousla presse, une generale Agriculture , en laquelleest représenté lArt demploier et cultiuer laTerre selon ses diuevses qualitez et climats : jayestimé estre à propos den extraire ceste partiedemesnage, qui traitte de la nourriture desVers-à-soye, et de la vous présenter: A ce que vospeuples incitez par telle adresse à sadonner à tantnoble et profitable exercice, puissent joindreà vostre ville le dernier de ses ornemens , quiest labondance de soye. Telle seule commoditélui defaillant, laquelle neantmoins luy est dau-tant plus requise , que plus de soye sy des-pend , quen aucune autre ville de France ,bien-que achetée à grand prix et estimee commedrogue de Leuant et marchandise estrangere.Ce sont voirement des nouuelletez , non toutes-fois prejudiciables , mais descouurans le preiu-dice ; lequel saugmentera dautant plus , quelon retardera à mettre la main à loeuure. Ilnest question pour se résoudre sur ceste ma-tière, den venir à la preuue , puis que vos pereslont faite pour vous, en vous plantans des vignes :lesquelles vous asseurent , que vostre terreet vostre aer , sont propres à receuoir les Meu-riers-blancs , et nourrir les Vers-à-soye : estansces choses tant amies par-ensemble , quelvne est, lautre y peut estre. Iusques ici lona jugé vostre pays , comme par contumace , in-suffisant à produire la soye, sans vouloir en-tendre les causes de ce defaut. Tant scrupuleuxnont esté les anciens habitans du pais de Serésen Indie ( qui ont donné leur nom à la soye )

lesquels bien-quesloignez de quarante six àcinquante degrez de lJsle de Taprobane , estanssouz lEquinoctial, de ont neantmoins portéchez eux , la semence des Vers-à-soye , qui enaprez sy est naturalisée, et aussi celle des Meu-riers , pour la nourriture de ce bestail. Ceux deNaples ont fait de mesmes de la Grece , deSerinda ville dIndie, telles commoditez estoientparuenues. Et en suite, comme par degrez,ont communiqué ces thresors , à la Prouence ,Dauphiné , Languedoc , et à leur voisinage,naians peu les Alpes empêcher de sestre enra-cinez en tels quartiers, quoy quainsi esloignezde leur première origine , passanstous les joursplus auant et gaignans terre auec heureux suc-cez. Et qui doutera que nayans à sauancer en-cores que trois degrez pour atteindre jusques àvous , ny treuuent agréable repaire ? Tout cequon peut dire au contraire , est, que lacuillete de la soye en sera tardiue ; à cause dela disposition de vostre Ciel , qui est vn peuplus froid que celuy du Languedoc . Quoy pourcela , pourueu quayez de bonne soye et beau-coup? Vous ne laissez pas dauoir abondancede bleds et de vins, encores que vos moissonset vendanges ne soient tant avancées quen Lan-guedoc. Voilà tout linterest. Caton , oraclede son temps , disoit estre vergongne au mesna-ger , dacheter ce que sa terre pouuoit produire.A qui telle repriinende mieux appropriée, quàceux qui vont mendier la soye des voisins, des-quels mesmes ils sont taxez de négligence ? Cestà dire , aux habitans de presque toutes les pro-uinces de la France . Car, peu de lieux exceptez,par tout ce grand Roiaume la soye peut croistre:par ce questant iceluy posé sous lvne des Zonestemperees , est par conséquent tout temperé ;et ny a autre cause qui empêche laccroist de lavigne en diuers endroits , que la hauteur desmontaignes , dont la froidure extreme contra-rie à telle plante. Ainsi nest pas entièrementde la Normandie , Bretaigne, Picardie , qui sontaussi bien sans hautes montaignes que sans vin , il y a apparence la soye sy pouuoir cueil-lir , attendu labondance de bons fruicts qui ycroissent, dont les arbres , qui les produisent ,ne sont moins délicats que les Meuriers don-nans la soye par leur fueillage. Laquelle chose