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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

mère-de-famille, à laquelle proprementce négoce appartient} tous-jours appren-dra-elle quelque chose, pour rendre cestesienne nourriture plus fructueuse ( 2 ).

Races et Est à noter, quil y a plusieurs etyïtiaiiie" diverses races et espèces de poulaille ,domestiques et estrangèrcs, dont se com-pose ceste nourriture, lesquelles est be-soin de discerner, pour les gouvernertoutes selon leur particulier naturel. Lespoules domestiques ou communes, sontcelles dont de toute ancienneté la raceen est entre nous, différentes néantmoinsen quelque cliose par-entrelles, commeen grandeur de corps, en couleur et quan-tité de pennage ; non pourtant de diversnaturel, ay ans toutes la chair très-bonne,ne cédans en délicatesse à nulles autres ,et dont les oeufs sont les premiers ensanté. Touchant les estrangères ; cellesdInde , appellées Méléagrides , sont lesplus cogneues , naturalisées en ce royau-me despuis quelque temps , desquelles laconduicte sest rendue aisée par usage.Ap rès sont les gélinotes, dictes de Numi-die , espèces de faisan , puis les poulesdeau, le héron , lotarde , le hallebran ,laigrcte (3). Aussi dautre volaille nour-rit-on , comme perdrix, sarcelles, grives,cigoignes , grues , et semblables, passa-gères , aquatiques et terrestres } toutes-fois avec difficulté : mais cest aussi pourgrands seigneurs qui regardent plus auplaisir quau profit, sans se soucier de ladespence. Les cygnes et paons ne serontrejettés, par estre eslevables , diverse-ment néantmoins , pour la diversité deleur naturel : car non sans grande peineeslève-on le cygne en lieu quil naie ac-coustumé : mais le paon, facilement pres-ques par tout. Quant à la volaille aqua-

tique , outre le cygne cest loye et lescanes communes et dinde , qui y tiennentle principal reng , desquelles deux der-nières sort une troisiesme et bastarderace, quand le canard dinde et la canecommune, saccouplent ensemble.

Est nécessaire pour un préallable, don- "Leur Icgis.ner logis commode à chacune espèce deces volailles, sans lequel elles ne profite-roient à moitié de leur devoir : dautantque ces bestes , petites ou grandes , nepeuvent que mal-aisément subsister par-mi lautre bestail, sen perdant tous-joursquelquune en trépignant et mordant} lefort opprimant le foible. Les plumes etle fien de la volaille, sont pernicieux àtoute sorte de bestail, gros et menu (4) :pour laquelle considération doit-on sépa-rer ces animaux - ci, davec les autres }afin que chacun soit logé à laise et à part.

Joinct que ceste raison sy ad-jouste, queles œufs en ce meslinge, sont sujets à seperdre : dautant que les bestes les cassent,les mangent, et les larrons les desrobent}chose notable, pour ne se priver de tellecommodité, premier revenu de la pou-laille et de la cane commune (5).

Selon lordonnance des Antiques, nosgéliniers ou poulaillers auront leurs jîrin-cipales veues tournées vers lorient dhy-ver, afin que la poulaille soit escliaufïécdu soleil à son lever. Et si voulons dutout suivre leur avis, joindrons les pou-laillers au four, ou à la cuisine} en lesaccommodans de telle sorte, que la fu-mée en sortant pénètre jusquà la pou-laille , pour leur santé. Ce conseil nestreceu , pour plusieurs incommodités quela poulaille apporte en la maison , la sa-lissant de sa fiente , et limportunant parsa crierie : pour laquelle cause la logeons-