DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE,
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Et combien.
nous tant loin qn’il est possible de l’ha-ou jressès, bitation des hommes. Ce sera donques enla partie des estableries la plus esloignéede la maison, que dresserons nos pou-laillers •, en lieu toutes-fois le plus chaudqu’y pourrons choisir. Nous en bastironstrois ou quatre contigus et arrengés desuite, l’un joignant l’autre (et tous en-semble, en l’aspect du ciel ci-dessus noté)c’est assavoir, un pour chacune espèce depoulaille ; afin que toutes soyent logéesselon leur désir. Pour les oyes et canes,un seul suffira à cause de la sympathie deleurs moeurs : ou ce seroit que la grandequantité qu’auriés de telle volaille aqua-tique, méritast de leur faire un tect àpart pour chacune de ces espèces. Descommunes et de celles d’inde , n’est demesme , pour la dillérence de leurs com-plexions, mal-aisément se compatissans.Très-bien des coqs , chapons, et poulescommunes , lesquels se juschent ensem-blement, n’estant possible de les séparerla nuict, vivans le jour en compagnie,parestre tous de mesme genre, quoi-quede divers sexe. Néantmoins , les chaponspréjudicient grandement aux poules, leurempeschans de faire des œufs en abon-dance : tant en les ébauchant, qu’affa-mant par leur continuelle fréquentation.A quoi le seul remède est la séparation,les faisant vivre en terroirs distincts, endiverses métairies appartenantes à unmesme maistre : où sans s’importuner lesuns les autres , les chapons cl’un cos té ,et les poules de l’autre, se maintiendronttrès-bien : mais ce sera sous tel desparte-ment, de loger les poules près de la mai-son, pour le respect des œufs, qui mieuxse conserveront, que moins seront esloi-gnés de la mère-de-famillc, laquelle pour
la facilité de traicter ses poules de l’oeil,les fera abondamment fructifier.
Aucune sujection n’y a-il touchant lafigure et capacité des poulaillers, estanten la liberté d’un chacun de les disposer àson plaisir, pourveu qu’ils n’excèdent enpetitesse. De huict ou neuf pieds de quar-reure dans œuvre et peu moins de hau-teur sera la raisonnable capacité d’unchacun poulailler : lesquels pour le meil-leur on voûtera par le dessus, attendu quela poulaille sera plus chaudement en hy-ver, et plus freschement en esté, et moinsimportunée des souris, belettes, fouines,et semblablesbestes , sous les voûtes, quesous les planchers, ne simples couver-tures. Des fenestres pour donner jour etentrée à la poulaille dans les géliniers,seront faictes et accommodées selon cha-cune espèce, comme sera monstre. Etparticulièrement, en chacun poulailleraura une porte pour les personnes y allanset venans : laquelle on asserra où lemieux s’accordera, car en cela n’y a au-cune sujection, hors-mis touchant l’aspectdu septentrion , lequel convient éviter àcause des froidures.
Les murailles en seront de bonne es-toffe, bien basties et maçonnées, propre-ment blanchies et dehors et dedans. Enleur espesseur seront espargnés des trouspour les nids de la volaille $ et joignanticeux dressés leurs juschoirs, qu’on dis-posera selon le particulier désir de cha-cune espèce j ainsi qu’on verra ci-après.Outre lesquelles retraictes, estbesoin fairedes petits cabinets dedans la maison ouailleurs, en endroit chaud, pour y mettrecouver les poules et y eslever les poussinsde toutes sortes et espèces : jusqu’à ce quefortifiés, puissent estre meslés avec les
Lr.:,rcapacité,
Et
ordonnance.