DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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vers les masles, pour loin qu’ils soyent. Adeux coqs conviennent vingt-cinq ou trentepoules, puisque la charge d’un seul est dedouze ou quinze. Ce nombre, quoi-quepresques des plus petits, pour une bonnemaison, ne laissera de rajiporter des œufsen abondance , estant bien conduict.Abondans les grains et les pailles cliésvous , ne vous arrestés à si petit nombrede volaille : ains amplifiés vostre nourri-ture à mesure de vos moyens ; fournissantde coqs vos poules selon le départementsusdict : non tant pour faire faire abon-damment des œufs aux poules (sans maslene laissans d’over, comme se void tous lesjours) que pour rendre les œufs sains aumanger, et qu’estans germés, soyent bonsàesclorre: à quoi défaillant, défaudrontaussi telles utilités raisonnablement es-pérées (9).
Lapa,un Outre la mangeaille que ceste volaille
de la pou - • I • i i
lailu. treuve en campagne convient lui donner du
grain ou autre viande, deux fois le jour,avec ordinaire limité et heure certainepour n’y faillir nullement j de peur que lapoulaille se détraque au préjudice de saponte et de sa graisse. Ne lui cliangera-on aucunement de place pour manger jmais tous-jours en un mesme endroit laviande lui sera baillée : et à ce que la pou-laille y mange commodément, le lieu seraphun et uni ; et assis à l’abri des vents ,pour y séjournera l’aise sans estre battuedes froidures. Le premier repas doit estredonné à soleil levant : car comme cestevolaille est très-diligente à se lever quand-et le jour, aussi veut-elle manger dès legrand matin : le temps lui durant mer-veilleusement , en attendant la viande,cependant qu’elle descharge sa cholèresur le plus précieux des jardinages, quandThéâtre d’.Agriculture , Tome II,
elle y peut attaindre, et a moyen de sedes-emprisonner du poulailler. Lequeldommage , l’on évite ou modère, en nedélayant de leur porter à manger auxlieu et heure accoustumés. Le secondrepas sera quelque petite heure devantque le soleil se couche, pour donner loisirà la poulaille de se retirer à l’aise. Ainsicontinuant sans interruption, elle se por-tera très-bien , et seront tous-jours ( letemps n’y contrariant) les poules dispo-sées à faire des œufs ; et grasses raison-nablement pour manger. Leur plus propreet mesnageable pasture, sont les milletscommuns,les vanneureset cribleures desblés qu’on serre à part à cest usage ; aus-qucls, pour alonger la toile, ad-jouste-onquelques-fois du gland pilé , des herbeshachées, des fruicts découppés, et autreschoses selon les saisons. Du son bouilli,et chaudement, leur donne-on pour l’es-pargne : et tant qu’on peut des miettes dela table, pour les provoquer à pondre,qu’à cela les conserve-on curieusement,comme l’on faict l’avoine pure, leur estantfort propre , le mil sarrazin aussi (10) :mais par dessus toute autre viande , lagraine de chanvre est de grande efficaceà faire over (11).
Du plaisir que la poulaille prend à man- Vermineger de la vermine de terre , est sortie l’in- "‘f r a 't",ur,vention de la verminière , profitable en £ ^ pou 'ce mesnage : d’autant qu’avec beaucoupd’espargne elle aide à entretenir grandeabondance de volaille, dont elle est gras-sement nourrie , avec peu de grain qu’onlui donne d’ordinaire. Ainsi procède-onà cest artifice. Une fosse est faicte de lafigure et de la grandeur qu’on veut, nontoutes-fois moindre en chacune face, es-tant quarrée, de dix ou douze pieds, et
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