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CINQUIESME LIEU
à l’équipolent d’autre figure profonde detrois à quatre : en lieu un peu pendant,pour en faire vuider l’eau du fonds de peurd’y crouppir : au défaut duquel lieu, parestre l’endroit en parfaicte planure , sanss’arrester à le creuser, l’on en eslevera lebas avec de la terre pour le faire vuider,et l’enclorra-on de muraille bien maçon-née de la hauteur de trois à quatre pieds,comme si c’estoit une petite court. Danscest enceint, creusé, ou eslevé, mettra-onau fonds unlictde paille de seigle, hachéemenu de la hauteur de quatre doigts oudemi-pied ; sur icelui un lict de fumier decheval ou de jument, pur et récent, qu’oncouvrira de terre légère et desliée, sur la-quelle on espardra du sang de beuf ou dechèvre, du marc de raisins, de l’avoine etdu son de froment; le tout meslé ensem-ble. Ce faict, l’on retournera à la paillede seigle, et conséquemment aux autresmatières : assavoir, au fumier et à la terre,qu’on disposera en lictées l’une aprèsl’autre , par l’ordre susdict, chacune dequatre doigt s d’espès ou de demi-pied en yad-joustant des autres drogueries, commedessus: et d’abondant, fourrant au milieude telle composition, des tripailles de mou-ton , de brebis , et d’autres bestes, tellesqu’on pourra recouvrer. Finalement, letout sera couvert avec des forts buissons,qu’on chargera avec des grosses pierres,pour engarder que les vents ne descouvrentl’artifice, ne les poules aussi, comme sanstel empeschement elles feroient, y grattanset bequetans : la pluie donnera dessus pourfaire pourrir ceste composition, but d’i-celle. Dans ce meslinge, en peu de tempss’engendrera nombre infini de milions devers, lesquels faudra mesnager avec ordre,autrement les laissant à discrétion , les
poules les auroient tost dévorés. En bas-tissant la verminière, on y laisse une porteau milieu en l’une de ses faces, regar-dant l’orient ou le midi, laquelle l’on fer-me avec pierres sèches jusqu’au plus haut.Par telle porte l’on entame la verminière,ostant de ses plus hautes pierres, ce quiest requis pour l’ouverture, afin de distri-buer aux poules la mangeaille qui en esttirée, au jour la journée , selon la facultéde la verminière et la mesure du nombrede la poulaille : de quoi elle se paist avecbeaucoup d’affection, après avoir mangéle grain, que pour l’ordinaire, on lui dis-tribue premièrement le matin au sortir dupoulailler. Un homme avec trois ou quatrecoups de besche tire tous les matins la pro-vision de telle mangeaille, pour tout lejour, sur quoi la poulaille employé letemps, ne cessant d’y bequeter et grattertant qu’un seul ver y paroist. Serrant ce-pendant à part ce qui reste de la précé-dente journée, qui ayant esté curieuse-ment recerché, vuide de vermine, ne peutplus servir qu’en fumier. Tous-jours parun seul endroit l’on vuidera la vermi-nière , sans y faire nouvelle ouverture,moyennant lequel ordre, fournira longue-ment des vers à la poulaille : laquelle enoutre, aura la liberté d’entrer dans la ver-minière, parla porte qu’à telle cause tient-on continuellement ouverte : mais ce nesera que plusieurs jours après qu’on auracommencé à fouiller dans la verminière ,dans icelle s’y estant faict un vuide poury laisser entrer la poulaille. A mesure dufouiller, la porte s’abbaisse, d’icelle os-tant les pierres de jour à autre, lesquellesl’on repose à costé pour réitérer le serviceestant venu jusquesau fonds, ce qu’on faictpetit-à-petit, comme dict est. Es buissons