DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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meilleure qu’aucune autre, principale-ment à raison de ce que les rats n’y onttant d’accès, qu’à l’angulaire, escliellansle colombier plus facilement, parles en-coigneures du dehors , que par autres en-droits de la muraille. De ce aussi que l’es-chelle tournante sur un pivot, vous porteaisément par tout l’intérieur du colom-bier , csgalernent s’approchant des nidssans s’y appuyer, pour en prendre lespigeons, leur porter à manger , pour vi-siter le colombier , s’accordant parfaicte-ment le chemin de l’esclielle à la circon-férence d’icelui : ce que du tout ne pour-roi t faire en autre, comment qu’il fustdisposé. D’ailleurs , à meilleur marché lebastissés-vous rond , que quarré , ni àpans , pour la pierre de taille que de né-cessité convient employer aux angles.Considération autant requise en certainsendroits, comme en d’autres ,1a despencen’estant grande , pour la commodité desquarrières, l’on ne s’arreste pas beaucoupà cela.
Si toutes - fois sans avoir esgard à ceschoses , l’on désire avoir le colombierautre que rond, on le pourra faire detoute autre figure trouvée plus agréable,dont la plus prisée sera la plus appro-chante de la ronde, comme l’octogonne,l’heptagonne , l’exagonne , la penta-gonne, et après la quarrée parfàicte : danstoutes lesquelles jouera l’esclielle sur lepivot, utilement, encores qu’elle n’ap-proche esgalement des nids, comme en laronde. La barlongue et la triangulairesuivent, dont de chacune à part et de com-posées selon la contrainte du lieu, ou ledésir du maistre se dressera le colombier.
Ayant donques la carte blanche pourbastir le colombier, sans aucune sujec-
tion, laissée la figure en la liberté d’unchacun, nous l’asserrons sous aer tem-péré, le moins battu des vents qu’on pourrachoisir : en campagne , seul, non atte-nant à autre bastiment, pour tant plusestrc reculé du bruit et du dégast des rats :dans l’enceint des jardinages ou vignobles :afin d’estre plus asseuré des larrons : encrouppe relevée, pour estre veu de loin:loin d’arbres tant qu’il sera possible, pourde mesme s’esloigner du bruit de leursbranchages, estans agités par les vents ,et du danger des oiseaux de rapine s’yretrayans : esloigné de l’eau un coupled’arquebusades, pour l’abbruvoir des ju-geons , estimé le meilleur estant dans telledistance de l’eau, d’autant que les pèreset mères allans quérir à boire à leurs pe-tits, en tel endroit, leur rapportent l’eaueschauffée ainsi qu’il appartient. Et en-cores que Nature leur enseigne de puiserl’eau en lieu salutaire , l’ayans si pro-chaine , ce sera à leur chois de s’arrester-là, ou de passer plus outre : liberté qu’ilsn’auroient en estans plus esloignés. Parlaquelle considération, nous-nous eslironstelle distance, si faire se j)eut, et aussipour éviter le bruit du rude courant deseaux, import un aux pigeons quand il serencontre trop près de leur habitation.
Pour le regard de la capacité du colom-bier, en la limitant ( sans toutes-fois tou-cher à la liberté, dont a esté parlé ) nouslui donnerons trois ou quatre toises dediamètre dans oeuvre , estant rond etquarré, ou d’autre figure, à i’équipolant :mesure raisonnable pour loger abondancede pigeons. Sa hauteur excédera d’unquart , sa largeur. Sa couverture seracomme celle d’une tour, avec des sailliesen hors pour rejetter les eaux de la pluie,