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CINQUIESME LIEU
Xa matière($u colombier.
afin que les murailles ne se mouillent, etpar ce moyen sans se pourrir , estre delongue durée. La couverture sera poséesur une voûte de pierre à profit, bonne etbien maçonnée, pour contenir les pigeonsfrescliement en esté, et chaudement enbyver. Je ne loue les parabandes qu’au-cuns font ès colombiers , pour parer labize aux pigeons : attendu que cuidansles accommoder en un temps, ils les in-commodent en un autre : qui est lors quele vent de midi souffle , lequel entrantdans le colombier, comme par un enton-noir à cause du rehaussement des mu-railles sur la couverture, y tourmente fortles pigeons , plus toutes-fois en une pro-vince qu’en autre , comme en la Gas-congne, où ce vent est fort fréquent. Alaquelle raison, s’ad-jouste la précédente,que les murailles exposées à la pluie, seruinent plustost que celles qui sont cou-vertes par dessus. Car non seulement lecrespi ou blanchiment se deschetdans peude temps, par les pluies , par les vents,et par autres violences : mais aussi l’inté-rieur de la muraille , dans laquelle selogent les rats, y treuvans entrée à laruine des pigeons.
Tous - jours la moitié du colombierrond, se treuve en abri, quelque vent quisouffle, en laquelle se retirent les jugeons,se reinuans de lieu en autre, comme letemps se change : se mettans sur le toictès corniccs ou ceintures environnans lecolombier. Mesme alors qu’il jilut, sé-journent-ils sur ces cornices-là , sans s’ymouiller; à cause de la saillie de la cou-verture du colombier, avanceant en hors,aisance qui n’est ès colombiers à muraillesdescouvertes.
Selon la commodité du pays, sera la
matière du colombier. De pierre, debrique, de bois: séparées ou meslingées:de terre aussi avec du bois ; en cela n’yayant aucune sujection. Pouvant choisirde ces choses pour les murailles, nousprendrons la pierre ou la brique : et pourles nids, la seule terre cuite. C’est chosetrès-nécessaire, de prévenir le dégast quefont les rats au colombier. Aux rats n’esttant sujet le colombier tel que le dessei-gnons, que celui qui joinct aux autresédifices : encores moins celui qui est assissur des pilliers , lesquels portails le basti-ment laissent vuide le bas , et par consé-quent ce mescliant bestail n’a accès aucolombier , que par les pilliers : à quoifacilement est remédié, entourant les pil-liers avec du fer blanc en certains en-droits , comme des ceintures, dont le che-min estant trenché aux rats venans dedehors, l’on n’a qu’à se garder des domes-tiques , s’engendrans dans le colombier.Pour la mesme crainte , est trouvée l’in-vention de disposer les nids des pigeons,non joignans l’intérieur des murailles ducolombier. Car encores qu’il y aie des ratsdans le colombier, ne nuisent pourtant niaux oeufs, ni aux pigeonneaux, par nepouvoir attaindre aux nids , pour l’em-peschement du fer blanc employé auxpieds des poutres soustenans la charpente,en laquelle les nids sont accommodés.
De quelle figure qu’on voudra, liors-mis de la ronde, fera-on le colonibier-à-pilliers, esgalant à leur nombre, celui desfaces ou pans du colombier. Une voûtesera portée par les pilliers, et une autrepar les murailles du colombier en haut àleur extrémité : sur laquelle sera bastic lacouverture, qu’on façonnera onde pierresplates arlislemcnt taillées , ou avec des
ardoises,
Colombier —\-pilliers.