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CINQUIESME LIEU
en-voler tous les pigeons s’eslevans durantla première année ; et ès subséquentessuffira la volée du mois de Juillet oud’Aoust, pour tenir fourni le colombier.
Entretenir Voilà le colombier basti et meublé,
Je colombier. . i ,, • •• »*i
reste de i entretenir ainsi qu il appar-tient -, afin qu’ayant accouplé ensembleces trois, bastir , meubler et entretenirle colombier, le mesnage nous en puissesatisfaire. Cest entretien se rapporte seu-lement à la nourriture des pigeons, les-quels tant plus multiplieront, et tant plusgras seront-ils, que mieux on les traicteradurant le temps qu’ils ne treuvent rien àmanger en la campagne : car en autre sai-son, ne se faut soucier de leur vivre , pareux-mesines pourveoir à leur avictuaille-ment. Telle espargne rend très-recom-mendable le colombier, et la nourrituredes pigeons de plus de profit, que denulle autre volaille. Est aussi louable ceparticulier naturel du pigeon , que depondre , de couver , d’esclorre, d’esleverses petits par sa seule et propre indus-trie : non une seule fois l’année, selon lecommun de presques tous oiseaux, ainsquatre, cinq, six, et davantage, si lespigeons sont de bonne race, bien logés,et bien nourris.
Distinguer Toute la despence des pigeons se faict
pour donner durant cinq mois de 1 annee , ne pouvans
a manger £ J ors treuvei' rien à manger en la cam-
aux pigeons. o
pagne : attendu qu’estans les semencesfaictes , et les blés ayans poussé horsterre , n’y reste aucun grain pour les pi-geons : lesquels à telle cause est-on con-traint de nourrir dans le logis. Cela avientdeux fois l’an, selon les deux diverses sai-sons de la semence des blés hyvernauxet printaniers : par quoi, en deux venuesavictuaillerons-nous nos pigeons ; assa-
voir , despuis la mi-Novembre, jusqu’àla fin de Janvier : et despuis le commen-cement d’Avril , jusqu’à la mi-Juin , lerestant de l’année se paissans abondam-ment par tout, tant par la libéralité deNature, que commodité des grains qu’ilstreuvent ès champs , quand on les sème.
De cest avictuaillement dépend le totalde ce mesnage : car selon qu’en cest en-droit l’on se sera manié, se recognoistraès pigeons mesmes; ne pouvans estre nien grand nombre, ni bien qualifiés , sien leur nécessité la faim les a pressés ,leur ayant espargné la nourriture. Libé-ralement donques on les traictera au be-soin , pour le plaisir et le profit qui en re-viennent. Conviendra aussi distinguer lesmatières de leur vivre, pour les disperserà propos selon leurs diverses facultés. La Et pareil-
• ni ri i lement . leur
meilleure viande sera reservee pour le nourriture .printemps , qui est la saison en laquelleles pigeons pondent, couvent et eslèventleurs petits ; ausquelles actions, ont plusde besoin de bon traictement , qu’èsautres temps de l’année, n’ayans à fairequ’à vivre. Aussi les tendres pigeonneaux sda„ range
• . i • r • i des pigeons.
ne pourroient digerer aucune viande gros-sière. Pourlesquelles causes destinera-onà estre donnés aux pigeons ès mois d’A-vril, de Mai et partie de Juin, les mils ,panils, et cribleures du froment : et lesorges , espeautres , avoines , légumes ,glands concassés, en partie de Novembre,en tout Décembre, et Janvier, desquellesviandes et semblables , quoi-que gros-sières, les pigeons se substantent très-bien (5 2 ). En ces mois, est bon leur don-ner, en outre, des raisins, gardés des pré-cédentes vendanges, tant pour aider à leurnourriture, qu’à les resserrer et engarderde pondre trop tost et hors de saison ,