DU THEATRE D” AGRICULTURE.
Dont leremède est.
Chastrerle colombier.
lesquels à mesure qu’ils envieillissent,deviennent moins fructifians, voire fina-lement se rendent non seulement infer-tils, ains destructeurs de leurs sembla-bles ; mangeans les oeufs, tuans les petitspigeons, battans ceux de moyenne aage.De sorte que tels dégasts sont sans causesouventes-fois donnés aux rats, par ne seprendre garde que ce sont les vieux pi-geons mesmes, qui les commettent d’or-dinaire.
Voilà la maladie descouverte. Le re-mède est unique, qui est de vous def-f’aire des vieux et inutiles pigeons , n’enlaissant au colombier que de jeunes et demoyenne aage, pour fécondement fructi-fier. Mais à cela gist le noeud de la ma-tière, et la maistrise de ce mesnage. SelonAristote , les pigeons vivent liuict années,desquelles les quatre premières , seules ,sont bonnes, les autres par conséquent,mauvaises. Donques ayans les pigeonspassé leurs quatre premières années, nousles sortirons du colombier, en y laissantles autres de service pour y demeurer,jusqu’à ce que , comme leurs devanciers,soyent parvenus à ceste aage-là, et demesrae retrencliés du colombier ; par cemoyen, se faisans place les uns les autres.Ainsil’enrpescliement du colombier, os té,et icelui liabité des seuls pigeons fertils ,fournira des pigeonneaux en abondance ,et tous-jours esgalement, pour le bon as-sortiment des aages des pères et mères :pourveu que chacun an le chastrement(ainsi est appellé ce remède) se réitère.
L’on ne peut recognoistre l’aage despigeons par la veue : parce que dans peude temps , les plus jeunes ont attaint lesplus vieux en corpulance, dont tout lejugement qu’on y peut asseoir se confond.
Théâtre d’Agriculture , Tome II.
A telle difficulté' est pourveu en marquantchacune année Üous vos pigeons, sans nulexcepter , connmenceant celle mesme deleur naissance,, dont justement discer-ncrés leurs aagess, tenant conte du nombrede leurs années.. Cela ne gist qu’en réso-lution , car jieu ide peine y a-il pour en ve-nir à bout. Les marques qu’on faict auxpigeons sont diverses, selon la diversitédes avis et affetetions. Aucuns les mar-quent avec du fiilé, qu’ils leur attachentaux aisles en certains endroits choisis ,pour ne les empescher à voler. Autres,leur cousent du drap aux jambes, aug-mentans les ma.rques par années: maissouventes-fois to>ut cela est en vain, pourle naturel de ces matières-ci , qui parl’humidité des pluies , à la longue, sepourrissent , oiu se deffont, par autremoyen. Plus assseurée marque que nulleautre, est celle <qui se faict en la serre ougi'iffe. Avec les; cizeaux on couppe parchacun an, la cime de l’une des onglesdu pigeon , sans nul intérest de la beste :d’autant que les pigeons ne se servent nul-lement de leurs griffés pour vivre commefaict la poulaille en grattant la terre, etla marque ainsi faicte ne se peut aucu-nement effacer.
L’ordre qu’on tient à cela est tel. Dès u . wyr „.le soir prccédentt, toutes les ouverturesdu colombier sortit fermées avec des retsou treillis, pour 1 n’empesclier la clarté,afin que les pigetons n’en sortent. Deuxliommes entrent dans le colombier, les-quels sans crain te d’effaroucher les pi-geons , les prennetnt tous l’un après l’autre,et font à chacun une marque , par l’unedes façons sus-ditetes. En faisant ceste re-eerchc si exacte , faut marquer d’unemarque les pigeons qui n’auront poinctde
II