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CINQUIESME LIEU
marque, ou une, ou deux, ou trois : maisquant à ceux qu’on treuvera avoir des-jàquatre marques, les faut oster du nombredes autres, pour estre mangés. Les mar-ques sont faictes une année du costé dupigeon, et l’autre , en l’autre, en l’aisleou en la jambe , leur attachant un filé ;ou au pied, leur couppant la sommité dela griffe : afin qu’au bout des quatre an-nées, les quatre marques se treuvent es-galement posées deux de chacun costé. Amesure que cela se faict, l’on enlérmetous les pigeons, dans des grandes cages àce préparées, avec distinction toutes-foisjc’est, mettant en une cage à part les vieuxpigeons qu’on treuvera marqués dès laprécédente année, de quatre marques ; etles autres indifféremment meslera-on par-ensemble : pour laisser ceux-ci au colom-bier , et en sortir ceux-là, à cause de leurvieillesse inutile et dommageable (56).
Le fruict } Après , l’on ouvrira les cages aux pi-geons destinés à demeurer au colombier,pour y continuer leur service , dans le-quel on les laissera : non avec liberté d’ensortir, comme au-paravant, de peur qu’ilsne s’en-fuyent, pour le destrac de l’alarmeprovenue de l’action sus-dicte $ ains de-meureront les fenestres closes dix ou douzejours, pour les réaccoustumer par bontraictement. Au bout duquel temps, leschamps leur seront redonnés par l’ouver-ture des fenestres, les remettant à leurordinaire.
Et la La saison de ce mesnage est durant les
saison de «n 111/1 \ •
teste œuvre, semailles des blés nyvernaux , a raisondesquelles et se ressentans encores de laprécédente récolte des grains, ces pigeonsqu’on retrenche du colombier sont en bonestât, pour facilement s’achever d’en-graisser. A quoi parviennent-ils très-bien
par traictement semblable à celui des cha-pons ou oyes d’engrais, dont a esté parlé,pour en-après les manger ou vendre.
Si la curiosité de ce marquer vous im- Autre voieportune , autre méthode conviendra te- \ u J ernir, aux défauts du colombier. C’est, en ge °"‘'renouvellant du tout le colombier, decinq en cinq, ou de six en six ans, à ceque le remettant en son premier estât,puisse heureusement servir autres cinqou six années de suite ; rabbattuc la pre-mière , qu’on lui donne pour se mettreen bon estât, à cause de la jeunesse despigeons. La volée du mois d’Aoust seralà employée, enlevant du colombier tousles autres pigeons , jeunes et vieux, pourles engraisser. Ainsi comme à la premièrefois , seront ces nouveaux pigeons-ci gou-vernés et nourris ; assavoir avec diligence,dans le colombier, trois sepmaines ou unmois durant, et congédiés au temps eten la façon ci-devant monstrée. Tout-d’une-main , y meslera-on parmi des pi-geons pattés tant qu’on pourra, afin dereformer la race des pigeons , qui avec letemps par divers accouplemens, s’abbas-tarcfit et décline. En ceci ce renouvelle-ment diffère du premier peuplement ducolombier, c’est qu’estans les pigeons,desquels est question, nais et eslevés en cemesme colombier auquel on les laisse, s’ytreuvent beaucoup mieux, et ne tardenttant à s’engeancer, que ceux qu’on vacercher loin pour la fourniture du nouveaupigeonnier : où avant qu’estre accoustu-més, court du temps, et y en meurt tous-jours quelqu’un, en attendant de s’y estredu tout naturalizés : pour laquelle cause,en cestendroitle repeujdementn’estbeau-coup tardif, revenant à la commodité dupère-de-famille. Mais tout considéré, le