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C I N Q U I E S M E LIEU
desengeancer, quand l’on voudroi.t : inst—ce mesme en démolissant la cloison de lagarenne, pour leur ouvrir la porte; à s’en-fuir , et pour donner entrée à lemrs en-nemis , afin de les chasser, hommes etbestes. Ains ces vuides leur serviront,pour y passer et repasser , se pourmenanset se sauvans de l’incursion des Lestes deproie. Aussi pour s’y retraire en t<emps depluie : pour laquelle cause les disposera-on de telle sorte qu’ils vuident l’eau , lesposans en lieu relevé. Ils seront f açonnésavec des pierres plates, comme acque-ducts couverts , droicts , recourLés et detoute autre figure qu’on voudra : y faisantdes précipices pour s’y sauver les conninsde la poursuite du furet, quand par ma-lice on en chasseroit dans la garenne. Lesmères ont accoustumé, ayans faict leurspetits , de boucher l’entrée de leurs ter-riers , avec du foarre et autre menusaillequ’elles peuvent recouvrer, pour La craintequ’elles ont des masles qui dévorent lespetits, comme a esté dict, lesquels par cemoyen elles garentissent. Vous prenantgarde de cela, ne touchés nullement à cestrous, de peur aussi, que les femellesayans apperceu de l’altération en leurcloison , de rage elles-inesmes m’estran-glent leurs petits, pour l’opinion qu’ellesauroient que le masle y eust touché, telestant le naturel de ce bestail. Ceci s’en-tend en garenne d’engeancemen t, car encelle où les masles sont chastrés, n’est be-soin de se donner telle peine.
Le soin Au reste, bien-que les vivres que pro-Zoir f 7'‘s duit la garenne ainsi disposée, soyent"7r'",wf ur suffisans pour la nourriture des connins,si ne faut-il pourtant faillir de leur don-ner à manger quelque friandise, par-foisen hyver , lors que par les froidures la
mangeaille des champs manque : commeavoine, foin, choux, laictues et autresdespouilles de jardin. Afin que les main-tenant en bon estât, ayés aussi le plaisirde les voir ensemble par trouppeaux : àquoi parviendras, siles accoustumés à leurdonner à manger tous - jours en mesmeslieux et en sifflant, comme avons dict despigeons. Oyans lequel signe , les conninsne faudront de se rendre promptementaux lieux destinés pour repaistre. Et à cequevostre présence et celle de vostre com-pagnie n’effarouche les connins, faudraaccommoder à chacun desdits lieux et joi-gnant icelui, un cabinet d’arbrisseauxvifs, bien entrelassés ensemble, dans le-quel vous tenant à couvert, aurés le passe-temps que désirés : et vous servira de plustelle accoustumance, à prendre des con-nins, quand il vous plaira, comme seramonstré.
Les connins ainsi enfermés dans l’en- ü^ r ,v, erclos de la garenne, ne pourront nuire auxfruicts d’alentour : mais estans en lieu conni "‘■ouvert, auquel à volonté ils puissent en-trer et sortir, le dégast que ce petit bes-tail faict aux jardins, vergers , vignobleset blayeries, est très-grand, comme sevoid tous les jours ; et se lit le grand malqu’anciennement ce bestail porta en laMajorque et Minorque , dont n’est à sou-liaitter d’avoir autre garenne que bienclose. Il est vrai qu’il y a quelque petitremède , pour limiter la course des con-nins , quoi-qu’ils soyent en lieu ouvert :comme la senteur du souffre qui les ar-reste. L’on s’en sert enceste manière. Despetits paisseaux faicts de bois de saule secou d’autre bruslant facilement, sont trem-pés d’un bout dans le souffre fondu ,comme allumettes, et de l’autre sont fichés
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