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Tome II.
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7 °

C I N Q U I E S M E LIEU

desengeancer, quand lon voudroi.t : instce mesme en démolissant la cloison de lagarenne, pour leur ouvrir la porte; à sen-fuir , et pour donner entrée à lemrs en-nemis , afin de les chasser, hommes etbestes. Ains ces vuides leur serviront,pour y passer et repasser , se pourmenanset se sauvans de lincursion des Lestes deproie. Aussi pour sy retraire en t<emps depluie : pour laquelle cause les disposera-on de telle sorte quils vuident leau , lesposans en lieu relevé. Ils seront f açonnésavec des pierres plates, comme acque-ducts couverts , droicts , recourLés et detoute autre figure quon voudra : y faisantdes précipices pour sy sauver les conninsde la poursuite du furet, quand par ma-lice on en chasseroit dans la garenne. Lesmères ont accoustumé, ayans faict leurspetits , de boucher lentrée de leurs ter-riers , avec du foarre et autre menusaillequelles peuvent recouvrer, pour La craintequelles ont des masles qui dévorent lespetits, comme a esté dict, lesquels par cemoyen elles garentissent. Vous prenantgarde de cela, ne touchés nullement à cestrous, de peur aussi, que les femellesayans apperceu de laltération en leurcloison , de rage elles-inesmes mestran-glent leurs petits, pour lopinion quellesauroient que le masle y eust touché, telestant le naturel de ce bestail. Ceci sen-tend en garenne dengeancemen t, car encelle les masles sont chastrés, nest be-soin de se donner telle peine.

Le soin Au reste, bien-que les vivres que pro-Zoir f 7's duit la garenne ainsi disposée, soyent"7r'",wf ur suffisans pour la nourriture des connins,si ne faut-il pourtant faillir de leur don-ner à manger quelque friandise, par-foisen hyver , lors que par les froidures la

mangeaille des champs manque : commeavoine, foin, choux, laictues et autresdespouilles de jardin. Afin que les main-tenant en bon estât, ayés aussi le plaisirde les voir ensemble par trouppeaux : àquoi parviendras, siles accoustumés à leurdonner à manger tous - jours en mesmeslieux et en sifflant, comme avons dict despigeons. Oyans lequel signe , les conninsne faudront de se rendre promptementaux lieux destinés pour repaistre. Et à cequevostre présence et celle de vostre com-pagnie neffarouche les connins, faudraaccommoder à chacun desdits lieux et joi-gnant icelui, un cabinet darbrisseauxvifs, bien entrelassés ensemble, dans le-quel vous tenant à couvert, aurés le passe-temps que désirés : et vous servira de plustelle accoustumance, à prendre des con-nins, quand il vous plaira, comme seramonstré.

Les connins ainsi enfermés dans len- ü^ r ,v, erclos de la garenne, ne pourront nuire auxfruicts dalentour : mais estans en lieu conni "ouvert, auquel à volonté ils puissent en-trer et sortir, le dégast que ce petit bes-tail faict aux jardins, vergers , vignobleset blayeries, est très-grand, comme sevoid tous les jours ; et se lit le grand malquanciennement ce bestail porta en laMajorque et Minorque , dont nest à sou-liaitter davoir autre garenne que bienclose. Il est vrai quil y a quelque petitremède , pour limiter la course des con-nins , quoi-quils soyent en lieu ouvert :comme la senteur du souffre qui les ar-reste. Lon sen sert enceste manière. Despetits paisseaux faicts de bois de saule secou dautre bruslant facilement, sont trem-pés dun bout dans le souffre fondu ,comme allumettes, et de lautre sont fichés

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