DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
Les chastrer.
a-il à se despétrer de l’importunité desmasles, veu qu’il ne faut que s’abstenirde les y mettre : ains seulement jetter dansla garenne ses femelles naissantes au cla-pier , lesquelles seules sans aucuns masles,satisferont à vostre intention , bien-quece soit sans multiplication d’engeance,n’y pouvant estre par défaut de masle :pourveu que le clapier marche son trainsans interruption, fournissant tous-joursjeune bestail pour le remplage de la ga-renne.
Or comme toutes choses s’affinent avecle temps , on a treuvé par expérience lechastrer des connins estre un moyen ex-quis pour les f aire venir tendres et gras, ac-comparé au chaponner des coqs : mesmeen les achevant de nourrir au clapier(quoi-qu’au pire endroit) deviennent-ilssi délicats qu’ils approchent de bien prèsà la saveur des levrauds. Ceste sciences’est descouverte par certains hosteliers ,qui pour levrauds, donnoient à mangerdes connins chastrés, après leur avoir saf-frané les pattes, couvrans ainsi la trom-perie , afin de les rendre de couleur sem-blable à celle des levrauds. De telle ex-quise subtilité nous-nous servirons , clias-trans tous les masles au clajner, pour par-après les fourrer dans la garenne, laquellepar ce moyen se trouvera fournie de pré-cieuses chairs. Et en abondance, puis quesans perte d’aucun connin que le clapierproduise (chose considérable) nous em-ployons tous les masles, lesquels sans ceremède, sont rejettés sans pouvoir serviren la garenne, comme a esté ja repré-senté. A cela convient se résoudre avantque peupler la garenne , pour ne l’infec-ter d’aucun masle entier : ains que n’y enmettant que des chastrés, elle ne puisse
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rapporter autre chair que franche et dé-lectable. Les femelles d’elles-mesmes ex-cèdent de beaucoup les masles entiers,comme a esté dict, et les masles chastrés,d’autant les femelles , que les chapons lespoules. Ainsiconduicte la garenne, n’enfaut espérer que la nourriture des con-nins, sans augmentation de nombre , es-tant infertile à cause de ce chastrement.
Mais ne vous en chaille pourtant, car leclapier satisfera largement à tel défaut.
Dont tiendrés tel conte du clapier, qu’onfaict des avenues de l’eau de la cisterne,qui tarit, négligeant ses acqueducts : nonplus moissonne - on , si au - paravant lesterres n’ont esté ensemencées. C’est don-ques le clapier qui est le séminaire de lagarenne. Rien plus facile n’y a-il, que le Le moyen.chastrer des connins , où autre mystèren’est requis, que de leur coupper les testi-cules avec un Cousteau bien trencheant : etaprès avoir engraissé la plaie avec du vieuxoinct, sans la coudre , renvoyer les con-nins en la garenne : où par le bénéfice del’aer et de la liberté, eux-mesmes se gué-rissent assés tost. Ce chastrement n’a au-cune saison propre, car puis que les mèresfont des petits durant l’année, aussi tous-jours est bon de les chastrer ( 62 ).
En relevant les monticules de la ga- *•«. * urenne, par dedans 1 on y espargnera sdes vuides , pour servir de retraicte auxconnins : non en espérance de les conten-ter entièrement, car ils se creusent desnids et tanières à leur fantasie, mieuxque l’homme ne sçauroit faire : s’accom-modans dans terre si artistement, quel’entendement humain s’y perd. Et làtant seurement se fortifient-ils , qu’y es-tons une fois accoustumés, le lieu leuragréant, l’on ne les en pourroit du tout