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Tome II.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

Les chastrer.

a-il à se despétrer de limportunité desmasles, veu quil ne faut que sabstenirde les y mettre : ains seulement jetter dansla garenne ses femelles naissantes au cla-pier , lesquelles seules sans aucuns masles,satisferont à vostre intention , bien-quece soit sans multiplication dengeance,ny pouvant estre par défaut de masle :pourveu que le clapier marche son trainsans interruption, fournissant tous-joursjeune bestail pour le remplage de la ga-renne.

Or comme toutes choses saffinent avecle temps , on a treuvé par expérience lechastrer des connins estre un moyen ex-quis pour les f aire venir tendres et gras, ac-comparé au chaponner des coqs : mesmeen les achevant de nourrir au clapier(quoi-quau pire endroit) deviennent-ilssi délicats quils approchent de bien prèsà la saveur des levrauds. Ceste sciencesest descouverte par certains hosteliers ,qui pour levrauds, donnoient à mangerdes connins chastrés, après leur avoir saf-frané les pattes, couvrans ainsi la trom-perie , afin de les rendre de couleur sem-blable à celle des levrauds. De telle ex-quise subtilité nous-nous servirons , clias-trans tous les masles au clajner, pour par-après les fourrer dans la garenne, laquellepar ce moyen se trouvera fournie de pré-cieuses chairs. Et en abondance, puis quesans perte daucun connin que le clapierproduise (chose considérable) nous em-ployons tous les masles, lesquels sans ceremède, sont rejettés sans pouvoir serviren la garenne, comme a esté ja repré-senté. A cela convient se résoudre avantque peupler la garenne , pour ne linfec-ter daucun masle entier : ains que ny enmettant que des chastrés, elle ne puisse

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rapporter autre chair que franche et dé-lectable. Les femelles delles-mesmes ex-cèdent de beaucoup les masles entiers,comme a esté dict, et les masles chastrés,dautant les femelles , que les chapons lespoules. Ainsiconduicte la garenne, nenfaut espérer que la nourriture des con-nins, sans augmentation de nombre , es-tant infertile à cause de ce chastrement.

Mais ne vous en chaille pourtant, car leclapier satisfera largement à tel défaut.

Dont tiendrés tel conte du clapier, quonfaict des avenues de leau de la cisterne,qui tarit, négligeant ses acqueducts : nonplus moissonne - on , si au - paravant lesterres nont esté ensemencées. Cest don-ques le clapier qui est le séminaire de lagarenne. Rien plus facile ny a-il, que le Le moyen.chastrer des connins , autre mystèrenest requis, que de leur coupper les testi-cules avec un Cousteau bien trencheant : etaprès avoir engraissé la plaie avec du vieuxoinct, sans la coudre , renvoyer les con-nins en la garenne : par le bénéfice delaer et de la liberté, eux-mesmes se gué-rissent assés tost. Ce chastrement na au-cune saison propre, car puis que les mèresfont des petits durant lannée, aussi tous-jours est bon de les chastrer ( 62 ).

En relevant les monticules de la ga- *«. * urenne, par dedans 1 on y espargnera sdes vuides , pour servir de retraicte auxconnins : non en espérance de les conten-ter entièrement, car ils se creusent desnids et tanières à leur fantasie, mieuxque lhomme ne sçauroit faire : saccom-modans dans terre si artistement, quelentendement humain sy perd. Ettant seurement se fortifient-ils , quy es-tons une fois accoustumés, le lieu leuragréant, lon ne les en pourroit du tout