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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

heure ils sont espars par la garenne pourpaistre : lesquels se voyans frustrés delespérance de leur retraicte, tumbent fa-cilement dans les filés que leur aurés ten-dus en chemin. Prévoyant ceste chasse,dès le dresser de la garenne, lon façonneles terriers ou cavernes, de telle sorte,que la prinse de ce bestail est rendue ai-sée et sans bruit. Lon faict des conduictsou longs passages traversans les monti-cules diamétralement en ligne droicte ,selon que saccorde le mieux. Dun desbouts lon tend le filé, et de lautre avecune longue perche quon fourre dans letrou , lon alarme les connins qui setreuvent dedans, lesquels se voulans sau-ver à la fuite, ne se prennent garde quenleur issue se treuvent attrapés au filé.Autre plus propre moyen à prendre cebestail , se pratique avec beaucoup deplaisir : cest en laissant cheoir un grandpanier dozier, faict sans fond, large parbas, comme une cloche, sur la trouppe deconnins mangeans serrement ensemble,lequel attrape une partie, quaprès lonretire par une porte à ce expressémentfaicte au costé du panier. Pour à quoifacilement parvenir, faut que le panierdemeure tous-jours suspendu au lieu ac-coustumé à donner à manger aux connins,afin quils ne se doubtent de lamorce,eslevé un couple de pieds sur terre, parle moyen dune potence dressée, au becde laquelle sera accommodée ou une pocheou polie , pour doucement faire couler lacorde portant le panier, lautre bout delaquelle, attaindra jusquau cabinet joi-gnant , pour dicelui faire jouer lartifice.Quand il vous plaira chasser aux conninsen ceste sorte (estant en liyver ou au prin-temps, car en autre saison ne se veut ainsi

laisser prendre, treuvantpar tout à man-ger) sans bruit vous-vous irés enfermerdans le cabinet, après ferés porter à man-ger aux connins, mettant la viande sousle panier, tant accumulée quon pourra ,à ce que le panier aie plus de prinse.ferés assembler les connins en sifflant, oupar autre cri que leur aurés accoustumé,les voyant attrouppés mangeans affec-tionnément, lasclierés la corde, et le pa-nier cherra sur les connins, desquels ilen emprisonnera autant que par sa lar-geur en pourra comprendre. Est de be-soin , comme a esté dict, que le paniersoi t continuellement suspendu en son lieu,et que plusieurs repas se passent sanslemployer, pour accoustumer le bestailà le voir et ne craindre le danger. Aussiquen la garenne y aie plusieurs lieuxdestinés à leur donner à manger, et ainsimeublés : à ce qualternativement lonchasse ès uns et ès autres, non continuel-lement en un seul endroit, pour rendreceste chasse plus utile, en neffarouchantles connins , comme lon feroit si on clias-soit souvent en mesme lieu. Se faut soi-gner de ne laisser escliapper aucun con-nin , de ceux qui une fois auront estéprins ; de peur que non seulement il nerevienne plus sous le trébuchet , ainsquil en destourne les autres.

Encores avec moins de peine par autrevoie, prend-on ce bestail-ci, en mesmeendroit. Au lieu du panier, dresse-onune grande cage, occupant presques toutle lieu , dans laquelle les connins sem-prisonnent eux-mesmes : dautant quelleest faicte comme nasses ou ratoires a pren-dre poissons et rats ; assavoir ayant destrous ès costés joignans la terre, proprespour donner entrée aux connins, et non

issue;

Autrement