DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 7 3
issue j à cause (lu rencontre (les piquerons.La cage est faicte (le cannes ou rozeàuxentiers, pour estre tant plus fermes, ou(l’autre bois solide que les connins nepuissent ronger, (le la ligure qu’on veut,haute sur terre d’environ deux pieds, cou-verte par le dessus de mesme matière ,laissant au couvercle une porte pour entirer les connins. Aucosté aussi y aura despetites portes, avec leur huis tout d’unematière, qu’on fermera et ouvrira oppor-tunément. Toute la cage sera tissue etentre-liée si bien et dru, qu’elle puisse as-seurément contenir les connins , et faicteà profit pour longuement durer. Elle seraaffermie dans terre, par le moyen despaisseaux, qu’en bon nombre , l’on yfourrera par les bouts 5 afin que ce qui enressortira, supporte seurement l’artifice ,le plan de la terre servant de fond à lacage. Les connins entrent dans la cagepar les trous, pour aller manger la viandequ’y aurés faict mettre par la porte ducouvercle. Là les connins d’eux-mesmess’enfermeront, et les en tirerés après parla porte du dessus , comme a esté dict.Est nécessaire dresser à ceci les connins,pour les attraper quand il vous plaira.Cela se faict parla liberté qu’au-paravantleur aurés donnée d’entrer et sortir dansla cage sans danger, tenant les portes descostés ouvertes, par où ils sortent, aprèsavoir repeu , et ainsi les ayant accoustu-més à ne rien craindre, ne pourrés faillird’en prendre abondamment : pourveuaussi que sans abuser de telle aisance, nela continuiés que bien à poinct. Par cesmoyens et semblables que pourrés inven-ter , avec passe-temps cliasserés aux con-nins en saison : desquels remplirés vostrecuisine, comme d’une manne ordinaire.
Théâtre d’Agriculture , Tome II.
Viande d’autant plus recercheable , quemoins ce bestail couste d’entretenir.
Autre observation n’est requise pourle gouvernement de la garenne : ni au-cunement besoin se penner, pourméde-ciner les connins malades , ne pourveoirà leurs autres infirmités. N’est à proposaussi, d’enfermer des levrauds dans lagarenne cjuand-et les connins ; tant pourne pouvoir multiplier en servitude, oresque facilement ils s’aprivoisent en lamaison entre chiens et chats , que pourcrainte de desbaucher les connins , les-quels suivons volontairement les levrauds,comme capitaines, avec eux s’en-fuyent dela garenne, par la moindre issue qu’ils ytreuvent. Ains se faut contenter d’y entre-tenir les seuls connins, puis que pour eux,elle est particulièrement destinée (63).
Outre les susdicts connins, sont ceuxd’inde , dont la race est petite, de di-verses couleurs, toutes-fbis distinctes enmesme beste : y en ayant de naifvementblancs, noirs , roux , par moitié d’unecouleur, le reste d’une autre, le tiers, lequart, et autres portions, sans confusion-Ils sont fort fèrtils en génération. Lacouleur de leur chair est très-blanche, etsa saveur douceastre, qu’on corrige en lacuisine par espiceries. Afin que rien nedéfaille en la maison, l’on en nourriraquelques douzaines ; avec cest assortis-sement, que pour vingt-cinq ou trentefemelles, faut unmasle. Communémenton les loge en clapier resserré : mais si leclapier est exposé à l’aer avec des buis-sons et arbustes approchans de la ga-renne , les connins s’en rendront meil-leurs ; à cause de ce peu de liberté quepar là leur donnerés. Conviendra lespaistre des despouilles du jardin , et
K
Connins
d’inde.