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Tome II.
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DU THÉÂTRE D AGRICULTURE.

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Comment

faicte.

savoir perte de toute lespérance de cemesnage. Dautant que la chaussée, poursa foiblesse , ne pouvant résister aux ra-vines des pluies, aucunes fois avec grandeviolence inopinément survenons, faictjour à lestang, dont sen vont de com-pagnie , et leau et le poisson assem-blé de plusieurs années. Mais en bien fa-çonnant la chaussée au commencement etde bonne matière, eschevirés tels dan-gers , et de fort long temps ne serés con-traint den revenir au refaire. La seuleterre est la plus commune matière quonemployé en cest endroit, qui est de du-rée, selon quelle est argilleuse et maniée.La terre sablonneuse ny vaut rien , ni lapierreuse non plus; par quoi, de néces-sité convient estre deschargée et de sableet de pierres, pour fermement retenirleau. Quant au maniement, ainsi lon yprocède. Deux murailles de gazon, tailléen quartiers comme pierres, sont faictes ,en ligne paralelle, raisonnablement dis-tantes lune de lautre (et telle raisonprinse de la grandeur ou petitesse de les-tang , estant requis estre la chaussée delun plus grande que celle de lautre) dontlentre - deux est rempli de terre argil-leuse, ou pour le meilleur, de pure ar-gille, quon y espard peu-à-peu esgale-ment par littées, en la pressant avec unbattoir pour laffermir. Et à ce que cela sepuisse bien faire, lon arrouse la terre pardessus à mesure quon lemploye: commede mesme , hausse-on petit-à-jietit, lesmurailles de gazon jusquà ce que la chaus-sée soit parfaicte. En talus façonne-onces murailles-ci, pour le naturel de la ma-tière qui ne souffre destre droictementbastie : car comme ès rempars des forte-resses , en cest endroit le gazon est em-

ployé ; assavoir en pente, lherbe regar-dant en hors, afin de sy affermir. Par cemoyen, demeure la chaussée beaucoupplus large au fondement en bas , quenson extrémité en haut, etpar conséquent,suffisamment forte pour retenir leau :pourveu quon la fonde de raisonnableespesseur, laquelle se règle par la capa-cité de lestang , comme jai dict, et aussipar la pente du lieu. Néantmoins, pourpetit que soit lestang et plate sa situa-tion, est nécessaire en sa plus petite es-pesseur , qui est le dessus, la chausséeestre capable à recevoir hommes et bestespour y passer à volonté sans y rien gas-ter, par mesurant lespesseur de sonfondement. Autres , au lieu de gazon,font les murailles de bonne maçonneriede pierre , à chaux et sable ; mais pourlespargne , non guières espesses ; seule-ment chacune dun couple de pieds, rem-plissant lentre-deux de terre ou dargille,comme dessus, jiestric et affermie. Enceste manière , la chaussée se rend bonneen perfection et de longue durée, pourretenir leau du tout bien , et résister auxviolences et de leau et du temps. Et sisédifie-elle avec modérée despence, enpays auquel le bastiment nest excessive-ment cher. Dautant que peu de terre suf-fit en faveur de la maçonnerie, à édifierune bonne chaussée, au prix du grandterrain, que de nécessité convient as-sembler, pour celle qui est avec le gazon.Aucun bois ne faut entre-mesler parmi lachaussée, de quelle façon quon la cons-truise; à cause de la pourriture à laquelleil est sujet, qui cause la ruine de lœuvre;se trouant et persant la chaussée, à me-sure que le bois se pourrit, d leau etle poisson se perdent (66).