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CINQUIESME LIEU
Observationsen dressantVestan» t
Pour la première main de l’estang, estbesoin faire un grand fossé , large etprofond , de long en long du lieu destinéen estang, de bas en haut, d’un bout àl’autre , couppant les eaux des costés partrenchées, comme en plume , vuidant leseaux dans le grand fossé, au bout duquelen la chaussée, sera la bonde pour es-couler l’estang au besoin. Principalementcela regarde à l’avenir, afin de desséchertout le terroir, pour , à son tour, le faireservir en labourage , comme a esté dict :à faute de quoi, par trop d'humeur, lesblés ne pourroient profiter en tel en-droit. Et servira en outre telle ouver-ture , à fournir de la terre pour la chaus-sée, où commodément l’on en prendracreusant le fossé. Car de l’aller quérirloin, ne se faict qu’à trop de fiais, les-quels l’on doit soigneusement éviter, entoute sorte de mesnagement. La chausséeest sujette à ceste ruine, que les vaguesde l’eau de i’estang s’esmeuvent par lesvents , quelques - fois avec tant de vio-lence , que donnons rudement contre lachaussée , en rompent les bords , à laruine de l’estang, par là perdant ses pois-sons : causons telles bresches, pour petitesqu’elles soyent au commencement, si tostn’y est pourveu, l’entière dissipation dela chaussée. Avee plus de facilité prévoid-on ce mal devant qu’il arrive, que l’on nele guérit par-après. Car il ne faut que desbuissons dont l’on borde la chaussée, avecdes paux et oziers, les y attachant fer-mement, pour parer les coups de l’eau ,contre lesquels l’eau donnant, espargne*a terre de la chaussée. Si les buissons ysont plantés comme haie vifve, forte etespesse , tant mieux vaudra, pour éviterla peine d’y en remettre de nouveau, à
mesure cpie les autres se consument. Aces tempesies , résiste sans moyen , lachaussée emmantelée de maçonnerie, carl’eau n’aprinse contre le bastiment, quoi-que courroussée, pourveu qu’il soit pro-fitablement faict. Aussi avec des bonnesjiierres doit-on paver le dessus de la chaus-sée, maçonnée ou non, pour engarderqu’elle ne soit escorchée par l’eau, ver-sant en tel endroit, lors que par les gran-des pluies les eaux se desbordent. Le seulpavé du dessus de la chaussée n’est suf-fisant pour résister à ces dangers, lesquelsprévenant de plus loin, sera nécessairefaire deux ouvertures ès deux bouts de lachaussée, pour vuidange de l’eau ordi-naire de l’estang ; et tant grandes, qu’ellessuffisent pour les peines extraordinairesdes pluies, les rejettans hors de l’estang,par conduicts si bien apropriés, qu’ellesne puissent nuire. Ces ouvertures serontgrillées, afin de retenir le poisson : à fautede quoi il se perdrait avec l’eau, versantpar tels endroits. Non contens de cela,ferons des trenchées par dehors l’estang,au dessus et ès costés d’icelui, pour re-cevoir les eaux provenantes des inonda-tions ; afin d’en descharger l’estang , sansentrer dans icclui. Dont tout-d’une-main,sera évitée l’incommodité des terras etbrossailles portées en l’estang, par la ra-vine des pluies, desquelles à la longue ilest comblé.
La bonde de l’estang sera au plus basendroit de la chaussée , au bout du fossésusdict, pour vuider l’eau et mettre à secl’estang, lors qu’il sera question de lepescher, ou de lui renouveller l’eau :contre laquelle bonde, faudra mettre unegrille de fer ou de cuivre, druement per-sée, pour retenir le poisson qu’il ne sorte