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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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ChatirerU pescher.

dautres bestes , à mesure quon les re-couvrera. Aussi les pelures des fruictsquon prépare pour sécher , sont bonnesaux poissons , et meilleurs les fruicts imesmes, si la commodité veut quon leuren donne des bons. Ce seront pour lemoins ceux qui cliéent deux-mesmes desarbres, quon ne leur espargnera : nonplus que les figues demi-gastées par fautede temps propre à sécher; ne les cormes,qui leur agréent fort. Les glands concas-sés leur sont bons , le marc des raisins,et des fruicts, desquels lon a expriméle jus pour boisson : et en somme, lespoissons mangeront tout ce que leur vou-drés donner. Pour plaisir , leur baille-on quelques-fois du pain, cela servantaussi à les faire assembler : à quoi ne fau-dront, si leur en jettant des pièces dansleau, lon siffle ou sonne quelque clo-chette tout ensemble, sattrouppans pourle venir prendre, comme jai clict des con-nins, tant toutes espèces danimaux sesubmettent à lordre !

Voilà ce qui est requis pour loger etnourrir le poisson au pescher, il sen-geancera , engrossiraet engraissera très-bien ; avec fort petite despence au prixdu revenu. Car peu de temps après avoirmeublé le pescher , pourrés commencerden tirer quelque peu de poisson pourmanger : et passé un an , tant quil vousplaira, sans crainte de lespuiser , sy es-tant le poisson une fois accoustumé. Voiresy augmentera-il tellement, que chacunan , conviendra chastrerle pescher; cestadiré, le descharger du poisson sur-abon-dant : afin que le restant au pescher semaintienne en bon poinct : autrementtout le poisson , de presse et famine , de-viendroit maigre et langoureux. Ce chas-

trement se faict en vuidant le pescher parla bonde au temps de la générale peschede lestang , afin de prendre le poissonen son meilleur poinct, pour saler et faireservir à la provision de la maison. Maisavec ceste considération, que de nen tirerindifféremment tous les gros poissons fains dy en laisser pour manger frès dejour à autre.

Pour lordinaire pesche, lon nuseradautre artifice que de filés, hameçons ,nasses et semblables instrumens, selonlusage des lieux , sabstenant du tout desamorces , jiour nen user daucune sortedicelles , comme très-dommageables aupoisson. En vuidant leau du pescher ,lon vient bien plus aisément à bout dececi, mais lon ne se donne telle peinetant souvent quon a besoin de poisson ,par quoi lune et lautre pesche sera pra-tiquée, comme saccordera le mieux. Età ce que les larrons ne puissent desroberle poisson avec des grands filés traver-sans le pescher , on plantera des longspieux en plusieurs endroits du pescher ,du fond dicelui attaignans la superficiede leau , lesquels empesclieront lusagedes filés , et ainsi se préservera le pois-son de telle tempeste.

Joignant le pescher on dresse le vivier,afin quavec moins daltération le poissonse change et conserve, que moins de dif-férence se trouvera dun lieu en autre ;tant pour le respect du fonds que de leau.En sa figure ny a aucune sujection. Cequon y observera de nécessaire, sera delexposer en plain soleil, pour la récréa-tion du poisson : et de le faire aisé à ou-vrir et fermer pour facilement le pouvoirvuider et remplir. Du pescher tire - onle poisson , pour le mettre reposer au

L a

La pescheordinaire cTi-celui.

Le vivier.