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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

L'anguilière.

vivier, et de lenvoyer àlacuiisine : maiscest poisson gros quon y loge, non pe-tit ; par estre tant plus prest à manger,pour cestui- et non pour ccestui-ci, es-tant dressé le vivier. Pendaint laquelleattente, lon le nourrira trèss-bien, sansespoir que le fonds contriluue aucunechose à son vivre, de peur (que sa mai-greur le rendist dans peu de- jours dau-cune valeur; et comment quom letraicte,ne faudra que ce soit pour lcong-temps,ains le manger de jour à autrre, y en sur-rogeant tous-jours de nouve3au. Aucunsne font autre vivier, que dams le pescliermesme, à lun des coins diicelui faisantun retranchement, non de^ bastiment,ains avec des perches ou canines , commecages , dans lesquelles le poiisson est misreposer, comme dessus. Vœire sy em-prisonne-il de lui-mesme, si . à la cage lonfaict des trous, comme ceuxx des nasses,par lesquels les poissons entrreront dans lacage, sans en pouvoir sortiir. Et ce tantplus affectionnément sy fouirreront-ils ,que plus dans la cage treuveeront à man-ger, quailleurs. Comme pomr telle causeon y mettra la plus-part de lai mangeaille,pour accoustumer les poissoms à y venir;lesquels si on ne veut prendire, ne faudraque tenir les portes ouvertees, que pourissue lon aura faictes à la ccage ; à limi-tation de celles de la garennie (67).

A ce mesnage jad-jousîterai langui-lière, afin quaucun animait de service senourrissant dans leau , nie défaille aupère-de-fàmille. On la dreessera en lieuombreux et bourbeux, en lai façon du pes-cher, et de mesme sera emsemencée. Sacapacité sera à discrétion, toutes-fois ré-glée par la faculté du fonds., pour la fairegrande ou petite, selon que les anguiles y

fructifieront. on nourrira les anguilesde la viande ci-devant dicte : comme demesme que les poissons des pesclier et vi-vier, seront-elles prinses pour lusage.

CHAPITRE XIV.

&Apier ou Ruscher, qui est la nour-riture des Mousches-à-miel.

Avec les connins et poissons, les abeillesont de commun, lentretenement, cest àdire, à très-bon marché les nourrit-on ,voire presques pournéant, puis que pourelles, ne faut faire provision, ni de four-rages , ni dautre mangeaille, estant sipeu de chose, ce que par-fois on leurdonne, que cela est plustost à acconterà médecine ou à plaisir, quà nécessité denourriture. Car cest de leur seul et propreouvrage , quinunédiatement les abeillesvivent , quelles composent de fleurs etbrins de plusieurs arbres et herbes, fran-ches et sauvaiges, de la rozée, de laer,et dautres matières incogneues aux hom-mes, par elles cueillies doucement èsplantes sans rien y gaster , contre lusagede tout autre animal. Du restant de la-quelle nourriture , sort le doux miel,tant célébré de toutes Nations, mesmepar ceste antiquité :

Sic vos non vobis mellificatis, apes.

et la cire avec , exquises et riches matiè-res (68). Aulogis etau soin, consiste toutela despence requise en cest endroit : très-petite et en lun et en lautre , puis quunpetit jardin suffit pour contenir grandnombre de rusches, et un seul homme,comme en se jouant, pour en gouverner