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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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L*ur

grandeur

puissent estre de longue durée, pour évi-ter le hazard de perdre les mousclies,quand par nécessité lon est contraint deraccoustrer leur habitation, en frappantrudement contre les rusches, les mouscliesy estans dedans. Outre les doux quon nyespargnera, lon joindra les aix avec desbandes de fer , de telle sorte, que lescommissures ne paroissent, à ce que nevent ne pluie ne puissent pénétrer de-dans. Cest pourquoi plus estimées sontles rusclies dune seule pièce, que de plu-sieurs, lesquellesnay ans aucunes joinctes,les injures des temps, à tout le moins dece costé-, ne nuisent aux abeilles ,avec lespargne du fer, sespargnent aussila peine et le souci du rabillage. Tellesrusclies sont faictes des troncs darbrescreux, que curieusement lon recerchepar les forests , lesquels on achève de ca-ver et préparer en dedans. Elles sontrondes ; celles des aix , quarrées , trian-gulaires, pentagonnes, ou de telle figurequon veut. En chacune de toutes les-quelles, met-on au milieu du dedans ,deux bastons en croix , pour aider auxmousclies à y estayer et affermir leur ou-vrage.

A la capacité des rusches est nécessaireprendre soigneusement garde, pour lesfaire de mesure convenable. Des ruschestrop grandes, sort bien du miel et de lacire, mais non des avetes pour conserva-tion de la race , que fort rarement, en-cores est - ce par bénéfice de la saison.Dautant que seulement par faute de lo-gis , les abeilles se séparent pour cerchcrnouvelle habitation , demeurans tous-jours unies, vieilles et jeunes, tant queleur maisonnette les peut contenir. Aucontraire , les trop petites rusches, ren-Théâtre dAgriculture } Tome II.

dent plus de bestail, que dautre revenu,parce que ne pouvant en petit lieu logerensemble grande abondance dabeilles ,cause, que lorsquelles naissent, se fontplace les unes aux autres sallans cercherquartier ailleurs; dont de tel petit nom-bre , ne peut sortir que peu de miel et decire. Le milieu donques est ce que cer-clions en cest endroit, cest à dire, deproportionner les rusches à la raison ,sans excéder ni en grandeur ni en peti-tesse , afin que de ceste nourriture, puis-sions longuement avoir profit. La preuvede plusieurs siècles nous a enseigné, lesrusches des mousches-à-miel estre de lamesure que désirons , si elles ont de lar-geur un peu plus dun pied, et de hau-teur une autre fois autant, estans quar-rées , et rondes, à léquipolant, en recer-chant par géométrie, de rapporter le plusprès qu011 pourra, une figure à lautre,à ce quelles soyent de semblable capa-cité. A laquelle saccordent, ou peu senfaut, les rusches de Flandres , appellées,biecorven ( bic-korf ), quon faict de cinqquartiers daune de hauteur, et trois quar-tiers de largeur par bas montant en es-troississant : mais cest de la mesure du-dict pays, fort petite au respect de celle deParis , à laune de laquelle ville , y a septoctaves de celle de Flandres.

Pour asseurer les abeilles de la maindes larrons, linvention de les emmureresttreuvée. La muraille estpersée en de-hors par petits trous, comme ceux duncrible, toutes-fois en petit nombre, seu-lement pour lentrée et issue des abeilles :et en dedans vers le logis, est faict un ar-moire fermant avec son huis, pour ven-danger et nettoyer les rusches en sai-son. Curiosité propre et bonne pour les

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Les préserver

des larrons.