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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

et bien maçonnées, si la trop grandecherté de bastir ne contraint les faire deterre. Les bancs ne sentre - joindrontpoinct: ains y aura un vuide entre-deux,afin dy passer librement pour le servicedes abeilles. Ils sexcéderont lun lautre,comme degrés de théâtre : et sans sentre-toucher, chacune rusche recevra sa partde la faveur du soleil, avec belle repré-sentation de toutes ensemble, et par telledisposition, les abeilles ne se presserontles unes les autres, ains sans empesche-ment entreront en leurs rusclies et en sor-tiront comme voudront (73). Ainsi bastis,lesserpens, tignes, limats, rats, araignesni autres ennemis des mousches-à-miel,nauront beaucoup daccès dans les rus-clies , au grand avantage de ce bestail,qui est fort tourmenté de telles bestesou plustost pestes. Ceux qui ont peudabeilles, se contentent de faire un seulbanc au ruscher devant la muraille, re-gardant le levant ou midi : mais les autresqui en nourrissent abondamment, y endressent autant que le nombre de leursrusclies le requiert ; et ce par rengées lunedevant lautre, équidistantes, faisans parentrelles, des allées, comme a esté dict.Aussi seront les rusclies posées de tellesorte, que sans sentre-toucher, on lespuisse remuer lune après lautre, sanstroubler les voisines.

ha matière Tous ne saccordent en la matière et

mi disposition des rusclies, pour le facile ma-niement de ce bestail, qui donne liberté àun chacun de le loger à sa fantasie. Lonfaçonne les rusclies de bois, de pierre,de terre cuite , de brique , descorcedarbres, de paille. On les enferme dansles murailles, on les tient à laer, et àcouvert, comme lon veut: on les remue

de lieu en autre, par saisons5 en somme,selon la fantasie, le plus souvent avec bonsuccès, tant ce bestail est daisée con-duicte. Mais comme il y a bon et meilleur(lexpérience saccordant à la raison) lontreuve que pour ce service, le bois excèdeen bonté toute autre matière : à cause deson tempérament, estant tous-jours mo-déré en chaleur et froidure , avis que lesabeilles mesmes vérifient, quand natu-rellement elles se logent dans les arbres,comme a esté veu ; très-rarement dansles rochers. Ce quon ne treuve, ni en lapierre, ni en la terre cuite, qui gèlent lesabeilles en hyver, et les bruslent en esté.La paille défaut en ce que ne pouvant,pour sa foiblesse, résister du tout bien èsintempéries des temps, est en outre, très-facile à brusler : soit par mesgarde avecle feu quon perfume les abeilles, soit parmalice, danger qui tant nest à craindreès rusclies de bois. Au bois mesme y adu chois, nestant indifféremment propreà ce mesnage, autant lun cpie lautre. Leliège est le bois le plus souhaittable encest endroit, ayant toutes les qualitésrequises : mais sa rarité cause nen faireestât certain, quès lieux tel arbre estfamilier. Ce sera donques des aix decliesne , de chastanier, de noyer , de sa-pin, de fousteau , de saule , dozier et desemblables, dont lon se servira pour faireles rusclies, puis que par tous pays, au-cuns de tels arbres y abondent : si toutes-fois lusage du pays le veut ainsi ; carlon a accoustumé faire les rusclies depaille , comme en France , en Flandres ,Hollande, Zélande , Dannemarch, à lapaille conviendra sarrester (74)* Maiseschéant de les faire de bois, elles serontsi bien dressées et tant à profit, quelles

puissent