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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

tumé demployer au recouvrement detoute autre engeance, pour lutilité de cemesnage et le danger de tout gaster sanscela. Il y a des abeilles sauvaiges et fran-ches, cest à dire, mauvaises et bonnes.Selon les Anciens sen treuve de quatresortes differentes en corpulance , figure,couleur, moeurs. Les mauvaises sont lesplus grandes, les plus rondes, les plusnoires, et les plus difficiles à approcher ,tendantes à cruauté .Les bonnes, celles quile plus contrarient à telles qualités, estansen outre sur leur couleur claire et blonde,tachetées de noir et non velues (76).Par ces marques, le père-de-famille sechoisira la race de son ruscher, en acliep-tant des rusches ja remplies, pour les fairetransporter chés soi : à quoi sera besoinad-jouster ceste très-asseurée addresse,que de voir lintérieur des rusches , pourjuger de la suffisance des mousclies , parleur ouvrage : ce que lon faict aisément,ostant les couvercles par le dessus, et lesregardant aussi par le dessous, renversantdun costé doucement les rusches , selonleurs diverses façons. Les mousches-à-miel ne souffrent le tracas que malaisé-ment ; cest pourquoi les faut prendre leplus près de vous que pourrés, afin quemoins elles soyent importunes, que pluscourt sera le chemin. Joinct que le chan-gement daer et de terroir, les estonne,demeurans par-après moins fructueuses,que plus loin les aurés prinses. Pour cesraisons, les rusches avec les abeilles de-dans seront portées par des hommes ,non au col, ains avec un brancas. Deuxhommes à la main porteront aisémentdeux rusches, et doucement selon le désirdu bestail, pourveu quils passent parbeau chemin , lequel , si possible est,

quoi-que plus long, tel conviendra tenir;afin de ne gaster par rude alleure , lou-vrage imbécille de ce bestail. La prime-vère est la vraie saison de ce transport,et la nuict, meilleure que le jour, pourcoïement et sans grande esmotion , rete-nir les mousclies. A quoi aussi servira lelinge , duquel chacune rusche sera enve-lopée en ce remuement, jusquà un couplede jours après les avoir rengées en lapier.

Au bout desquels et sur le soir , le lingeosté , seront les abeilles desemprisonnéeset remises en liberté. Telle heure estchoisie, afin que pour lapproche de lanuict, les abeilles ne sen-fuyent, ainspetit à petit saccoustumans , oublientleur naturel repaire, pour se remettre entrain comme devant.

Aux rusches acheptées, nostre père-de- M« yen -.famille ad-joindra celles qui se treuve- .c/,«ront parmi ses forests , lesquelles sou- f oresuh ' aventes-fois se rencontrent de la race desplus excellentes abeilles ; pour estre sor-ties des bons essoins en-fuis de lapier. Decelles - , fera faire soigneuse perquisi-tion , afin quaucune ne sen perde : et ceen visitant souvent les endroits il ima-ginera en pouvoir treuver, autres-fois yen ayant esté prins. Ceste addresse deColumelle est remarquable, pour sa sub-tilité. Les mcusches-à-miel vont ordinai-rement sabbruver ès fontaines et ruis-seaux les plus prochains de leur retraicte,pour cachée quelle soit. Ayant apperceucela , par le nombre des mousclies quyverrés , jugerés de la distance de leur re-paire; tant plus petite estant elle, queplus grande sera lassemblée des abeilles,et au contraire. Mais pour en estre mieuxasseuré, marquerés sur le doz les abeillesqui viendront à leau, et ce avec des

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Columelle,liv. 9 , ch. il.