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CINQUIESME LIEU
Quandchastrer Usabeilles,
Et comment.
asseuré est de croire que les rusches sontplaines , quand les abeilles chassent opi-niastrcment de leurs rusches les frelonsou abeillauds, et c’est alors seulementqu’elles se sentent riches de miel et decire, craignans que par eux elles ne soyentsaccagées. La saison gouverne ceste cueil-lète , l’advanceant ou reculant. Eschéansdeux chastrées , la première sefaict com-munément à la fin de Juin, et la dernière,à la mi-Aoust 5 non plus tard , de peurde l’approche de l’hyver, qui ne permet-trait aux abeilles de reprovisionner leursrusches, pour leur vivre durant les froi-dures. Si qu’une , se fera dès le commen-cement d’Aoust, le long temps de là enhors jusques en l’hyver, donnant grandloisir aux abeilles de travailler devant l’ar-rivée desfroidures (9o).Tous-jours avec lemiel tire-on de la cire, mais non en tellequantité , que quand particulièrement,l’on recueille ceste matière-ci, parmi la-quelle ne se trouve aucun miel. Le mielest tiré par le haut de la rusche, et la seulecire par le bas, auquel endroit les abeillesfont les semences de leur race : lesquellesoccupans le vuide des trous, en iceux ,ne peut avoir aucun miel, ou si peu qu’onn’en tient aucun conte. Aussi le tempsest divers pour telles récoltes. Comme j’aidict, c’est devant l’hyver qu’on vendangele miel : après, la cire, en la primevereau mois de Mars. Le plus qu’on doiveester de miel, est la moitié de la ruschée(qu’on cognoist par la croix de la rusche,soustenant les rayons , posée justementau milieu du dedans de la rusche ) lais-sant le reste du miel pour avictuaillementaux abeilles. Aucuns ne leur en donnentque le tiers ou le quart ; d’autres au con-traire, les deux tiers ou les trois quarts,
moindres ou plus grandes portions, selonles facultés des abeilles, iinposans loi àceste oeuvre. Car il y a de si misérablesabeilles , qu’il ne leur faut oster ne miel,ne cire : encores ont-elles prou affaire àvivre. De quoi le gouverneur ordonnera,voyant la chose à l’oeil, à ce que ne fai-sant rien mal à propos, il entretienne sonapier en bon poinct. L’heure pour cesteoeuvre est à choisir , dont la plus propredu jour, est sur le midi, d’autant qu’alorsles abeilles pour la plus-part sont en lacampagne après leurs questes : ne de-meurans en la maison que les cazanières,lesquelles pour leur petit nombre, 11epeuvent empescher qu’on ne leur osteleur butin. D’attendre le soleil couchantne serait bon à cause de l’approche de lanuict, en laquelle les abeilles se pour-voient escarter et perdre, l’obscurité lesempeschant de retourner cliés elles. Pourdoucement qu’on les manie, quand il estquestion de les despouiller de leur thrésor,elles semettenten grande cholère, piquansceux qui se meslent de les piller. C’estpourquoi, les ayant recogneues difficiles,faudra que celui qui est employé à cestebesonsne, s’arme contre les abeilles d’un
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grand capuchon, prenant despuis le som-met de la teste , jusqu’à la ceinture. Lecapuchon sera faict de toile rare , pour yvoir à travers, si mieux l’on n’aime y ac-commoder du verre contre les yeux, pourplus clairement et facilement travailler.Avec lequel équipage, et ayant des gansaux mains ( ou bien se frottant les mainsavec de la mélisse, le jus de laquelleempesclie les abeilles de piquer) s’appro-chera , et maniera les abeilles sans dan-ger , faisant sa besongne à l’aise. Porterade la fumée pour chasser les abeilles d au-
A quelleheure.