DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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s’en estant escoulée , qui est le cueur duprintemps. Donques de tels tardifs essoins,ne faut avoir grande espérance : non pasmesme se donner beaucoup de peine deles recevoir, si l’abondance d’abeilles qu’yverres ne vous y incite. Ce terme n’estpourtant limité pour tous pays et climats,c’est seulement pour les chauds, car quantaux froids, ainsi que les autres fruicts dela terre, les abeilles y sont tardives. Ilavient souvent que des nouveaux essoinsen sortent d’autres , la première année :mais c’est des plus primerains, et qui parla félicité du temps , auront rempli leurmaison. Pour laquelle cause aussi, unevieille rusclie en produira plusieurs , enmesme saison, comme deux ou trois , àl’honneur du gouverneur de l’apier, parlà se manifestant sa diligence : car debestail mal entretenu, jamais ne se voidtelle abondance.
changer Avenant que par vieillesse , trop rude
la abeilles -t * 1 1 *
,/w rusche attouchement, ou autre occasion , le bois
,n iautre, rusc l ie se rende inutile , et qu’on
désire d’en sauver les abeilles : l’on pourraremuer ces abeilles - là , en autre vaze,sain et entier, en le posant fermementsur la rusclie dont est question, l’ayantau-paravant descouverte par le dessus ,afin que d’icelle, les abeilles se retirenten la supérieure. Comme feront inconti-nent, tant par là sentir de bonne odeur ,la treuver pourveue de vivres, c’est assa-voir des bons rayons de miel, qu’à suffi-sance, à telle cause, l’on y mettra ; quecontraintes par la force de la fumée qu’onleur mettra par le bas : où elles demeure-ront volontiers, mesme estant tel remue-ment faict en liy ver : pourveu qu’elles ytreuvent de quoi vivre. Puis sur le soir,sera telle rusclie arrengée avec les autres,
et la vieille ostée de là, pour en retirer ladespouille.
Tous ces préparatifs se font pour re- z.cueillir du miel et de la cire ; comme pour &le blé et le vin, l’on cultive les champs etles vignes. Par le temps régnant en laprimevere et l’esté , présage-on de la fu-ture cueillète du miel. Si telles saisonssont beaucoup venteuses et sèches, grandeespérance ne peut-on avoir de ceste nour-riture : mais au contraire , grand revenul’on en tirera, si elles sont calmes et tem-pérées, particulièrement, si en esté les ro-zées sont fréquentes, mesme despuis lami-Juin, jusqu’à la fin d’Aoust, par d’icelles,comme a esté dict, se faire le miel (89).L’abondance du miel provient de la ferti-lité du pays , qui faict plus ou moins defois chastrer les abeilles, c’est à dire, ven-danger le miel et la cire qui sont dans lesrusches. A cela ne doit-on jamais toucherque les rusches ne soyent plaines , autre-ment ce seroit prendre le miel nou encoresmeur : et avec ceste perte, que n’ayansles avetes achevé leur oeuvre, par tel des-tourbier, descouragées, le plus souventquittent la rusche, s’en-fuyans ailleurs, oùprétendent n’estre ainsi tourmentées. Etfaut conclurre, que ceux qui les chastrenttrois fois en mesme an , ou gastent tout,ou sont posés en terroir très-agréable à cebestail : veu mesme qu’on estime l’endroitle plus fructueux en miel, celui auquell’on en peut avoir deux cueillètes l’année,car communément l’on n’en a qu’une. Levraipoinct donques, de mettre la main enceste récolte, est quand les abeilles nesçavent plus que faire, par faute de lieuoù travailler : ce qu’on recognoistra àl’œil, en visitant les rusches. L’on faictlà dessus divers jugemens j mais le plus
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7 cueiUètemiel et de