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CIN QUIESME LIEU
procède à ceci. Aucuns laissent aller lesabeilles où elles veulent : les autres lestuent, de peur qu’elles n’aillent tourmen-ter les restantes en l’apier, pour se logerdans leurs rusclies, et pour telle cause,s’entre-battre et tuer. Leplus facile moyende se deffaire de ces abeilles-ci, est deles noyer dans l’eau , en grandes auges àce apropriées, esquelles, remplies d’eau,l’on plonge les rusches enveiopées avecdes linceuls, dès l’apier, où l’on les vaprendre sur la nuict, lors que les abeillessont retirées. Par lequel ordre, plus deprofit reçoit-on de ceste nourriture , quepar le cliastrer des rusclies, avec aussimoins de liazard : d’autant que des ruscliescliastrées, quelques-fois en meurent enliyver , par ne leur avoir laissé provisionsuffisante, si qu’elles périssent de famine.Mal qui n’est à craindre par l’autre voie :d’icelle aussi retirant beaucoup plus demiel et de cire , que par le cliastrer parti-culier des rusches : mais par ceste-ci, lemiel en procède beaucoup plus délicat,que par ceste-là, à cause qu’il n’est au-cunement meslingé avec les corps mortsdes abeilles : ne sentant nulle mauvaiseodeur venant de l’eau, dont le prix dumiel est ravalé. Ces diverses façons derecueillir la despouille des abeilles , sontcommunes avec celles qu’on pratique enFrance et Hollande, cliastrant les abeilleset le ruscher, ou l’un d’eux. Mais lasuivante leur est particulière , mesmeen France , que eschéant le cliastrer desabeilles, c’est à dire, de ne prendre qu’uneportion du miel qui est en larusclie ; celane se faict en autre saison de l’année qu’aumois de Mars, ou d’Avril, et ce par lebas, la façon de la rusche imposant tellenécessité, n’estant ouverte par le dessus ,
ains fermée comme un chapeau, ainsiqu’a esté dict ci-devant ; laquelle ruschepour ce faire l’on renverse un peu, d’oùalors l’on tire du miel et de la cire, tout-d’une-main ce qu’on veut. En Hollande,c’est en renversant du tout la rusche,sens-dessus-dessous , la faisant tenir de-bout, le bas regardant le ciel : et ce parle moyen d’un petit aplatissement quepour ce service-ci, on laisse à la ruschelors qu’on la faict , lequel endroit ilscouvrent avec une motte de terre, pourparer les abeilles de la pluie, estant larusche remise en la première situation.
Estans les rayons tirés de la rusche , etreposés dans des vazes de bois ou de terre,seront incontinent portés dans la maison,en membre secret et bien fermé, afin d’en-garder les abeilles d’y entrer : ce que sansempeschement elles feroient, pour tas-cher de recourre le bien qu’elles estimentleur avoir esté ravi : où là estant ( outrel’impossibilité d’habiter parmi tant debestail, qui à la file y ad-voleroit ) verriésà l’oeil consumer parles abeilles dans peude temps, tout vostre miel. Et encorespour curieusement que bouchiés et huiset fenestres, n’en pourrés-vous destournerl’entrée à plusieurs mousches, et ne lesen cliasserés qu’avec de la fumée.
Le meilleur et plus délicat miel, est ce-lui qui de lui-mesme coule le premier desrayons (accomparé à la mère-goutte duvin) lequel, curieusement, convient re-tirer pour le conserver à part en vazes sé-parés. Les rayons sont mis dans un panierd’ozier, àce expressément façonné commechausse d’hypocras, poinctu par bas, le-quel ajeancé sur un grand pot de terrevitré en dedans y vuidera nettement lemiel. Le restant dans le panier sera pressé,
Commentretirer lemiel.