DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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pour en exjtrimer par force, ce qui de grén’aura voulu couler : et ce en pressoiraccommodé au naturel de l’oeuvre, afinqu’aucun miel ne se perde dans la cire.ou /« unir. Les vazes remplis de miel , premier et se-cond , seront tenus descouverts pour quel-ques jours , en attendant que le miel aieaclievéde bouillir, comme de lui-mesmeil fera : tandis l’escumant avec curiosité,à ce que sans aucun meslinge il reste pur.Pour laquelle cause aussi, le lieu ne seraexposé , ni à la poussière ni à autre saleté,de peur que la communiquant au miel, lerende des-agréable ; car avec toute autreprécieuse matière , ceste-ci craint le mal-tenir. Après, seront les vazes très-bienfermés et mis reposer en magazin frès nonhumide, où le miel se conservera longue-ment. Ce sera avec distinction de la va-leur des miels , pour plus faire d’estat dupremier que du second, comme a estédict, pour les employer selon leur di-verse valeur.
Par tout pays, le miel n’est indiffé-ie ton miel remmen t de mesiue bonté , ni de sem-blable marque, pour les diverses fleurs,sur lesquelles les abeilles cueillent la ro-zée , communiquans au miel leurs fa-cultés. Le bon miel est de couleur doréeou blanche, reluisant, sentant bon, douxau goust : en son commencement estantliquide, mais coulant de telle sorte, queson fil conserve sa continuité esgale, sansinterruption : et estant gardé quelquetemps, s’endurcisse, pour sa fermeté nele pouvant tirer du pot, qu’à force , avecun Cousteau ou autre propre instrument.C’est aussi signe débouté au miel, quandil est facile à cuire, et cuisant, ne jettebeaucoup d’escume \ le plus excellent es-tant celui qui en a le moins. Au poids
aussi se cognoist la valeur du miel, lemeilleur estant tous-jours le plus poisant.C’est pourquoi, le plus exquis est celuiqui séjourne au fond du pot : ainsi quel’huile , le plus prisé, au dessus ; et leplus délicat vin, au milieu du vaisseau ;comme a esté représenté ailleurs.
Quant à la cire, nous avons veu seprendre par le bas des rusches au prin-temps, c’est assavoir, celle que seule l’onretire sans estre meslingée avec le miel.Vers la fin de Février, commencement deMars, ou plus tard selon le climat, lesabeilles es tans encores endormies, pourles froidures passées , travaille - on àceste oeuvre, renversant doucement d’uncostéles rusches, l’une après l’autre, pouren tirer les tables de cire, qui sont cellesoù les abeilles font leurs semences, les-quelles l’on treuve dedans les trous destables semblables à oeufs de fourmis. Pources semences-ci, l’on ne se garde de pas-ser outre : d’autant mesme que c’est pourle profit de l’engeance, que de destour-ner telle primeraine couvée : parce qu’es-tans lors trop primeraines les nouvellesabeilles qui en proviennent, à leur nais-sance périssent de famine , à faute defleurs , n’estans encores sorties en cam-pagne , nécessaires pour leur entretene-ment. Ains seulement est faict estât dessemences qui les suivent, lesquelles ffes-cliement pondues , couvées, et escloses,par le bénéfice du beau temps, profitentcomme l’on désire. Les tables de cire sont a cmises bouillir sur le feu lent, en abon-dance d’eau claire : estant fondue, on lapasse par un linge : de-rechef on la remetsur le feu pour la refondre, laquelle bouil-lant est diligemment escuinée : finale-ment, l’eau s’en estant allée par exhalai-
Cueillirla cire ,