DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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homme suffit à conduire grand nombre derusches, puis que ce gouvernement con-siste plus en engin qu’en force. Ce nombrese peut restraindre à mil ou douze censpieds ( moyennant quelques aides , autemps des essoins et du vendanger desrusches) suffisant jiour l'apporter bon re-venu, et pour satisfaire à tous frais, cequ’on ne doit attendre de peu de bestaillaissé sans aucune garde.
La charge Le gouverneur de l’apicr se plaisant coitlrne7r B ° U ' sa charge, pour l’honneur et profit, outreles précédens avis, observera soigneuse-ment ces maximes : Que tous les jours ilvisite ses rusches , l’une après l’autre ,pour secourir celles qui auront besoin desecours : soit sur les ordinaires nécessites,soit sur les accidentales, à ce que parles ignorer à faute de les recercher, lesabeilles ne périssent, comme quelques-fois elles font sans telle curiosité : au con-traire , petit remède employé à propos ,les sauve d’extreme ruine : que sur l’en-trée du printemps, il ouvre ses rusches dudessus , après en avoir tiré la cire par ledessous, pour les bien nettoyer, en os-tant toutes ordures ramassées durant l’hy-ver, poussières, araignes, teignes , li-mats, vermisseaux, rats, papillons, four-mis, etautresbestiolesqui s’y engendrentou viennent de dehors : puis les perfu-mera avec du galbanum , du fien de beufsec, et avec d’autres matières salutairesaux abeilles : qu’après avoir recueilli lesessoins, il s’en prenne garde, pour lesretenir de s’en-fuir, comme plusieursfont, par n’estre les mousclies bien ac-commodées en leur nouveau logis , y ap-pliquant le remède selon les occurences ;mesine qu’il avise si les nouvelles ruschesont faute de victuaille (comme quelques-Théâtre d } Agriculture , Tome II,
fois cela avient, quoi-qu’à la fin du prin-temps , quand la saison se rencontre ex-traordinairement pluvieuse, empeschantles avetes de se provisionner) pour se-courir les abeilles de vivres, comme es-tant au cueur de l’hyver : qu’il ne prennetrop de miel des rusches , lors qu’il leschastre , afin que les mousclies n’ayentfaute de viande pour l’hyver : plustosttuinbera-il de l’autre extrémité, pour tantmieux les entretenir : qu’au commence-ment d’automne, il net.toye et perfumeencores les rusches , les visitant et de baset de haut, ce qu’il leur continuera du-rant la saison, les recouvrant pour cefaire, de quinze en quinze jours, à chaquefois les perfumant, non tant pour le plai-sir des abeilles ( s’ennuyans du perfum)que pour leur santé : qu’à la premièresepmaine de l’hyver, le temps n’estantencores du tout refroidi, pour la dernièrefois de 1 année, if reouvre ses rusches,pour dc-rechef les nettoyer et perfumer,et ce tres-cuncuscment sans y laisser riende pourri ne de sale. Puis renfermeratrès-bien les rusches, et tant à profit, queles froidures, vents , gelées , ne pluies ,n’y puissent entrer. Et selon qu’il verrases abeilles, bien ou mal avictuaillées ,pourveoirra à leur nourriture pour i’hy-ver : leur donnant alors , mesine durantles mauvais jours de l’année , et ce dansdes rozeaux refendus ou autres tuyauxde fer blanc , de plomb ou d’autre ma-tière , du miel, des passerilles ou raisinssecs, des figues, des prunes, des fèvescuites et dissoutes dans du vin ou de l’eaumiellée, séparées ou à part, comme l’onvoudra , quelques-fois du laict et autresdouces liqueurs. Faut tenir tous-jours biencloses les rusches, et de tous costés , n’y
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